‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 107 sur 362 · XXVIII AOUT · texte numérisé non relu

XXVIII AOUT

Le vifigt-huitième jour d'août de l'an 1623, mourut dans la maison professe de Naples, ie P. Innigo di Quevara, d'abord duc de Bovino, grand d'Espagne de première classe et sénéchal du royaume de Naples, puis après la mort de sa femme, descendu au rang de simple novice dans la Compagnie de Jésus. Il n'avait guère que vingt-trois ans lorsque le P. Vincent Maggio le gagna tout à Dieu par les Exercices de saint Ignace. Il sortit de sa retraite transfiguré en un homme nouveau, si détaché du monde et de l'amour-propre, qu'après une mûre élection, il s'engagea par vœu h embrasser la vie des enfants de la Compagnie, si la duchesse sa femme mourait avant lui ; et durant quatorze ans que Dieu la lui conserva encore, il donna tous les exemples d'un parfait chrétien.

Demeuré veuf à l'âge de trente-sept ans, il se hâta d'écrire au P. Claude Aquaviva pour demander à échanger ses honneurs contre l'humilité de la vie religieuse ; mais les résistances de la noblesse napolitaine auprès du roi d'Espagne et du Souverain Pontife, rendirent pendant huit ans ses efforts inutiles. Sa seule consolation, durant cette longue attente, fut de recevoir les ordres sacrés, et de fonder dans sa ville de Bovino, un collège de la Compagnie, A. I. — T. H. — 29. 225

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OÙ il vint habiter lui-même pour y mener la vie commune avec nos Pères et Frères. Retourné cependant à Naples pour presser plus activement l'affaire de sa. délivrance, il y fut atteint d'une maladie mortelle. La nouvelle de son dernier soupir s'était même déjà répandue, quand le P. Vincent Maggio obtint de Notre-Seigneur sa guérison, en célébrant pour lui le saint sacrifice. Comme il était à l'autel, notre Bienheureux Père saint Ignace et saint François Xavier lui apparurent, et lui recommandèrent d'aller au plus tôt faire prononcer au mourant les vœux de dévotion des Scolastiques. A peine celui-ci en eut-il achevé là formule, qu'il fut soudainement guéri.

Pour triompher des derniers obstacles, Innigo de Guevara avait résolu d'aller, à l'exemple de saint Ignace, visiter les Lieux saints de la Palestine; il avait l'espérance de se rendre ensuite, à l'insu de sa famille, en Espagne, et d'y faire secrètement et sans opposition son noviciat; lorsqu'il reçut du P. Aquaviva, vers les premiers mois de 1608, la permission qu'il avait méritée par une si héroïque persévérance ; il courut aussitôt à Rome s'enfermer parmi les novices de Saint-André. Il était alors âgé de quarante-cinq ans ; il en vécut encore un peu plus de quinze, vénéré comme un saint. Son biographe résume en un mot toute cette période de sa vie : « Absolument dépouillé de lui-même, dit-il, le P. Innigo n'avait plus que Dieu dans le cœur)). Pas un seul ouvrier de la Compagnie à Naples, ajoute le P. Santagata, ne l'égalait dans l'art de détacher du monde, par une simple conversation, les âmes qui en paraissaient les plus éprises ; mais sans négliger cette grâce qu'il avait . reçue visiblement de Notre-Seigneur pour le salut des grands, le , P. de Guevara n'en trouvait pas moins ses délices parmi le plus

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