‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 108 sur 362 · XXVIII AOUT. — P, JACQUES-ANTOINE GIANNONI · texte numérisé non relu

XXVIII AOUT. — P, JACQUES-ANTOINE GIANNONI

bas peuple, et ses travaux lui méritèrent le nom de père des pécheurs.

ScniNosi, Istor. délia Provinc. di Napoli, t.. 2, p. 23. : — Santag\t,v, [slor. délia Prov. di Napoli, t. 4, p. 285 et suiv. — Cobdara, Histor. Soc. Jes., part. G", l. 8, n. 10, p. 417.

* Le vingt-huitième jour d'août de l'an 1633, le P. Jacques-Antoine GiANNONi donna généreusement sa vie pour le nom de Jésus-Christ, en périssant par le supplice de la fosse, à Ximabara, au Japon. Il était né à Bitonto, dans la Pouille. Pendant qu'il étudiait à notre collège de Naples, des lettres venues du Japon tombèrent un jour entre ses mains. Au récit des travaux, des souffrances et de la mort sanglante des missionnaires dans ces lointaines régions, son cœur s'enflamma d'un incroyable désir de partager les mêmes combats et les mêmes triomphes. Dès lors, il n'eut plus en pensée que ces trois choses : la Compagnie de Jésus, le Japon., le martyre. Toutes trois, malgré des difficultés dont plusieurs paraissaient insurmontables, lui furent accordées.

Son père faisait reposer sur lui les plus chères espérances ; mais à peine Jacques-Antoine se fut-il ouvert à lui de ses pensées, que le noble chrétien fut ravi d'admiration, et faisant taire sa douleur, il l'encouragea lui-même à en poursuivre l'exécution. Admis au noviciat à l'Age de dix-neuf ans, il sollicita aussitôt la faveur d'être envoyé aux missions du Japon. Les réponses dilatoires qu'on lui donna coup sur coup, ne firent qu'enflammer l'ardeur de ses désirs. Le P. Général Claude Aquaviva étant venu à Naples, il courut s'offrir de nouveau. Un soulfle d'apostolat passait

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alors sur la Compagnie. Au premier appel, des légions d'hommes se levaient, prêts à porter la bonne nouvelle aux extrémités du monde. Le Père Général vit presque toute la jeunesse du collège se jeter à ses pieds, et l'assiéger de ses supplications pour obtenir l'honneur d'être choisie. Le P. Aquaviva répondit qu'il ne pouvait accueillir que sept demandes, et qu'il laisserait au sort à déterminer les élus. Le nom de Jacques-Antoine Giannoni sortit le troisième de l'urne. Sa joie et sa reconnaissance furent sans bornes. Il ne lui restait plus qu'à voir exaucer le dernier et le plus cher de ses désirs. Cette glorieuse palme du martyre était sans cesse devant ses yeux. A lire ses lettres, on croirait entendre un écho des accents passionnés de saint André et de saint Ignace appelant la croix et les bêtes de l'amphithéâtre.

Après un premier séjour de quelques années dans la chrétienté d'Arima, le P. Giannoni fut forcé, par les édits de bannissement portés contre les missionnaires, de se retirer à Macao. Mais bientôt, à la faveur d'un travestissement, il revint auprès de son troupeau. Là, pendant seize années entières, au milieu d'extrêmes fatigues et de continuels périls de mort, il ne cessa, comme un bon pasteur, de consoler, d'encourager les chrétiens que la crainte des tourments exposait à chanceler dans la foi. « Je n'ai point de maison où habiter, écrivait-il au P. François Pavone, point de nourriture assurée ; je dors habituellement à la belle étoile ; je fais mes courses nu-pieds, à peine vêtu ; la pluie, la neige, le vent me flagellent à l'envi ; depuis plusieurs mois, pour ne pas exposer ceux qui me donneraient un abri, je vis dans les montagnes et les bois ; et cependant je vous le dis, jamais je n'ai éprouve de plus grande consolation, et je n'échangerais pas ma

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