XXIX AOUT
Le vingt-neuvième jour d'août de l'an 1618, mourut k Lima le F. Coadjuteur Antoine Cumis, d'une noble famille napolitaine de Catanzaro. Les exercices publics de dévotion qui eurent lieu dans cette ville, en 1583, lorsqu'on y retrouva les reliques des deux grands évêques saint Fortunat de Todi et saint Irénée, évêque de Lyon, touchèrent profondément le cœur du jeune et brillant gentilhomme. 11 résolut de mener désormais, lui aussi, la vie d'un saint ; et celle de nos premiers Pères lui paraissant bien digne d'un pareil nom, il vint dans la fleur de l'âge frapper à la porte du noviciat. Malheureusement il n'avait fait aucune étude ; et sa naissance ne lui permettait guère d'entrer en qualité de simple Frère Coadjuteur. Il s'offrit donc en qualité d'indifférent. Quand vint plus tard le temps de ses vœux, toutes les saintes pratiques de l'humilité lui étaient devenues si aimables, que sans accepter aucun des soulagements ni des égards dont la charité de ses supérieurs voulait l'entourer, il demanda comme une grâce d'aller remplir dans quelque maison le pénible office de cuisinier. Comme il revenait à Naples par mer, deux ans après, des pirates le firent esclave et le conduisirent à Alger.
Antoine Cumis ne vit rien dans cette disgrâce qui pût l'affliger,