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Le sixième jour de septembre de l'an 4G30, mourut au collège de Trapani le F. Coadjuteur Jean Laparo, Agé de cent-sept ans, dont il avait passé plus de soixante-dix dans la Compagnie. Son caractère ardent et violent avait été pour lui, dans ses premières années, la matière de bien des combats ; quelques-uns de ses supérieurs ne semblaient pas avoir, pour le supporter, toute la longanimité de saint Ignace pour de semblables natures. Or comme le F. Laparo servait avec une extrême charité le P. Paul Achille sur son lit de mort, ce grand serviteur de Dieu le voyant un jour tout aflligo, lui en demanda la cause ; le bon l'rère répondit humblement qu'il tremblait, parmi tant de luttes, de ne pouvoir persévérer jusqu'à la mort ; d'être renvoyé quelque jour, malgré l'amour qu'il portait à la Compagnie. Le saint mourant lui promit alors son assistance auprès de Notre-Seigneur ; et depuis lors, Jean Laparo parut avoir changé de corps et d'Ame, pour ainsi dire, tant il devint, comme sans eflort, doux, paisible et obéissant. Son énergie ne se manifestait plus que par un dévouement au travail et une abnégation vraiment extraordinaires ; car à peine quelques mois avant sa mort, il remplissait encore la charge d'excitateur, se dévouait tout le jour aux fatigues de bûcheron, de A. I. — T. n. — 34. 265
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foulon, (le boulanger et de cuisinier, avec une activité et un entrain qu'on eût admirés dans un jeune homme. Le F. Laparo attribuait aux prières du P. Achille cette merveilleuse conservation de ses forces ; les années semblaient glisser sur lui sans l'entamer ; aucun de ses sens, aucune de ses facultés n'étaient émoussées ; il rappelait le chef des enfants d'Israël, dont l'Ecriture a dit : « JSec ccdigavit ocidiis ej'iis, nec dentés ilUus moti surit ». (Deut. xxxiv, 7). Il tomba tout d'un coup de pure défaillance, et alla plein de joie se reposer enfin dans le sein de Dieu.
Aguileka, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 256. — Nadasi, Ann. dier. memor., 6* sept., p. 147. — Drews, Fasti Soc, 6* sept., p. 347.
* Le sixième jour de septembre de l'an 1649, mourut à Rome, sa patrie, le P. Famien Strada, orateur, poète, historien, justement cité parmi les hommes les plus illustres de son temps. 11 occupa quinze ans la chaire de rhétorique au Collège Romain, et prêcha devant les Souverains Pontifes Clément Vlll et Paul V, qui l'honorèrent de leur amitié. Le plus connu de ses ouvrages est ÏIJistoire de la guerre de Flandre, ou l'histoire de l'insurrection des provinces bataves contre la domination espagnole. On peut voir dans la BibliotJièque des Ecrivains de la Compagnie de Jésus par le P. Southwell, de quelles acclamations fut saluée à son apparition la première partie de cet ouvrage ; aussi la seconde était-elle vivement désirée ; pour en hâter la publication, le roi de Pologne Wladislas écrivait au Père Général Mutins Vilelleschi et au P. Strada lui-
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même les lettres les plus pressantes et les plus flatteuses. L'attente générale ne fut pas trompée ; en deux ans, cette seconde partie eut dix éditions latines et fut traduite en cinq langues différentes, a Malgré ses défauts, dit le savant critique Tirabosclii, V Histoire de la guerre de Flandre mérite une place d'honneur parmi les plus célèbres travaux de ce genre qui aient paru en Italie ».
Au milieu de ces succès, le P. Strada ne se départait en rien de l'humilité et de la simplicité religieuse. Muet sur tout ce qui était à sa louange, il faisait volontiers l'éloge des autres, et s'interdisait sévèrement toute parole de blâme ou de critique sur leurs ouvrages. Bien qu'il fût d'une santé délicate, il ne supportait aucune exception à la vie commune, et se flagellait chaque
jour avec une extrême rigueur. Eprouvé par de cruelles et longues douleurs qui achevèrent de le sanctifier, le P. Strada s'endormit pieusement dans le Seigneur, à l'âge de soixante-dix-sept ans, dont il avait passé cinquante-huit dans la Compagnie.
SoTUELLUs, Biblioth. Scriptor., p. 200. — de Bxckeh, Bibliolh., l*"'* édil., t. 2, p. 590. — Tiraboscih, Storia délia Letterat. ital., t. 8, 2* part., p. 616, Milan, 1814. — Feller, Dictionn. histor., t. 5, p. 554. — Biographie univers., t. 44, p. 17. — Nouvelle biographie ge'ne'r., t. 44, p. 541.
* Le sixième jour de septembre de l'an 1669, mourut au collège de Buenos-Ayres le F. Sébastien Discreti, de la Province Romaine, appelé par la sainte Vierge elle-même à la Compagnie. Il avait exercé un emploi assez lucratif à la Daterie de Rome, et son mé-
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rite aurait pu lui permettre d'aspirer à l'honneur tlu sacerdoce ; mais par humilité, il préféra le degré de Frère Coadjuteur. Bientôt, il demanda les missions du Paraguay pour servir Notre-Seigneur dans un plus profond oubli des hommes. 11 y consuma trente années de sa vie dans l'exercice continuel de la mortification, de l'humilité et de la patience. Toujours égal à lui-même, quels que fussent les événements extérieurs, intimement uni à Dieu, il s'éleva rapidement au sommet de la perfection.
Les grâces les plus précieuses lui furent prodiguées avec une libéralité sans mesure : apparitions fréquentes de Notre-Seigneur, de la très sainte Vierge et d'autres bienheureux habitants du ciel ; connaissance de ce qui se passait au loin ; claire vue et prédiction de l'avenir. Par ordre des supérieurs, il dut, comme saint Alphonse, écrire le récit de ces faveurs célestes ; elles étaient si excellentes que plusieurs avaient peine à se persuader qu'elles fussent compatibles avec l'état d'un homme encore voyageur sur la terre. Le F. Discreti était bien loin de les désirer ou d'y attacher de l'importance ; pour échapper à l'illusion, il s'abandonnait, les yeux fermés, comme un enfant, à la conduite de ses guides spirituels ; et ceux-ci ne lui épargnaient pas les occasions de pratiquer les vertus de renoncement et d'humilité.
Une maladie contagieuse s'étant déclarée à Buenos-Ayres, le F. Discreti fut chargé d'accompagner les Pères au chevet des malades et des agonisants. C4'est dans cet exercice d'obéissance et de charité qu'il fut frappé à son tour, et remit joyeusement son âme entre les mains de Dieu. Sa mort fut une source de bénédictions pour le collège de Buenos-Ayres ; on cite entre autres ce fait. Des légions d'insectes rendaient presque insupportable le séjour de la
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maison ; aucun moyen n'avait pu les détruire ni les chasser. On recourut alors à l'intercession du saint Frère Discreti ; et aussitôt, par une merveille dont tous rendirent à Dieu et à son serviteur les plus vives actions de grâces, les insectes disparurent pour toujours.
BoEHO, Ex Elog. Viror. illustr. Provinc. Paraquarîre {Archiv. Rom.),