VII SEPTEMBRE
Le septième jour de septembre de l'an 1587, mourut à Firando le P. Jean-Baptiste Monti, l'un des sept apôtres du Japon qui expirèrent en moins d'une année, d'épuisement et de misère, pour le salut de leurs néophytes persécutés. Il partageait depuis vingt cinq ans toutes les alternatives de joies et d'épreuves qu'offraient si largement ces saintes églises aux successeurs du grand Xavier ; tantôt accueilli presque en triomphe, et baptisant de ses propres mains le premier souverain de Tossa et le jeune fils du roi de Goto ; tantôt poursuivi à travers les rues par toute une populace armée de pierres et de bâtons, qui brûlait de venger dans son sang l'honneur des idoles et de leurs bonzes ; ou bien encore, errant sans asile avec des fatigues immenses. Le P. Monti fut le premier Jésuite de l'Assistance d'Italie, qui porta la bonne nouvelle de Jésus-Christ dans cet empire du Japon, que tant de ses successeurs devaient ensuite arroser de leurs sueurs et de leur sang.
P\TttiGNANi, Mcnol., 7 sett., />. 43. — Ginn\ko, Saverio oriental., 2* part., c. 33, p. 284 et suiv. — Sotuellus, Biblioth., p. 414. — Ch\rlevoix, Histoire du Japon, t. 2, /. 3, p. 201, 350.
Vn SEPTEMBRE. — F. JEAN-BAPTISTE ARCHINTO. 274
Le septième jour de septembre au Collège Romain, mourut en 1574, à l'âge de vingt-quatre ans, le jeune F. Jean-Baptiste Ar- CHiNTO, Scolastique, d'une des plus nobles familles du Milanais. Le P. Sacchini assure que son union avec Notre-Seigneur, son obéissance et son abnégation paraissaient aller jusqu'au prodige. Avant même d'entrer, à vingt ans, dans la Compagnie, il avait voulu donner un témoignage extraordinaire de son amour au Sauveur et à la Reine des anges, et avait gravé leurs deux noms sur sa poitrine avec un fer rouge. Cette blessure, qui lui rappelait à chaque moment ce qu'il avait de plus cher au monde, n'était qu'une faible image du feu intérieur qui le consuma si rapidement.
Sacchinxjs, Histor. Societ., part. 4* , l. 2, n. 7, p. 39. — P.vtrignani, Menol., 7 selt., p. 37. — Nadasf, Ann. dier mem., 7* sept., p. 148. — Id, Pretiosse occupât., r. o, n. 3.
* Le septième jour de septembre de l'an 1731, mourut à Rome le P. François-Marie Galluzzi, auquel le Souverain Pontife Clément XII a rendu ce beau témoignage qu'il était brillant de zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Issu d'une noble famille de Florence, il revêtit à dix-sept ans les livrées de saint Ignace au noviciat de Saint-André. On vit aussitôt, dit son biographe, qu'il voulait devenir un saint. Deux ans plus tard, en commençant son juvénat, il prenait cette résolution : « Je mettrai plus de soin à m'avancer dans la piété que dans les lettres ; je ferai plus de cas de l'honneur de Dieu que de celui du monde ; je regarderai plus
aux jugements des anges qu'à ceux des hommes ». Toute sa vie, il demeura fidèle à cette résolution. Le sacerdoce, qu'il avait cherché d'abord à éviter pour embrasser le degré des Frères Coadjuteurs, l'enflamma d'un zèle ardent ; mais il demanda vainement, par une lettre signée de son sang, les plus humbles missions dans les campagnes ou parmi les infidèles du Nouveau-Monde : la Providence lui réservait un autre théâtre, l'oratoire de saint F'rançois- Xavier ou Garavità, près du Collège Romain. Là, son zèle put se déployer à l'aise : la confession, les entretiens journaliers à toutes les réunions du soir, le catéchisme, la visite des hôpitaux et des prisons, la direction des congrégations de prêtres et d'artisans, la prédication sur les places publiques, enfin les exercices d'une mission perpétuelle donnée sucessivement dans les difl'érents quartiers de Rome : toutes ces œuvres ne lui laissaient pas un moment de repos et produisirent des fruits immenses. Cependant il aspirait à se dépenser toujours davantage ; car il tenait pour maxime que « les hommes apostoliques doivent non seulement se prêter, mais se vendre pour le salut du prochain ».
De l'oratoire de .saint François-Xavier, le P. Galluzzi fut appelé au Collège Romain, et chargé de la direction spirituelle des écoliers. Un seul trait suffira pour faire juger de la prodigieuse influence qu'il exerça dans cet emploi. En quelques années, raconte son historien, plus de mille de ses pénitents embrassèrent la vie parfaite : et ce qui est la constatation en quelque sorte officielle de cette multitude incroyable de vocations, quatorze înslituls religieux lui accordèrent des lettres de participation à leurs mérites et à leurs bonnes œuvres, en reconnaissance des nombreu,ses et florissantes recrues qu'il leur avait