VII SEPTEMBRE. — P. FRANÇOIS-MARIE GALUZZI
envoyées. Son zèle débordait au dehors du collège et s'étendait à toutes les nécessités spirituelles et temporelles. C'est à lui que Rome doit l'œuvre encore subsistante de l'hospitalité de nuit pour les femmes pauvres et sans asile. A force de persévérance, il parvint à établir l'hospice de l'Immaculée Conception, où cent de ces malheureuses, condamnées auparavant à passer la nuit dans les rues de la ville, trouvaient chaque soir un abri avec la nourriture du corps et de l'âme. Toutes ces occupations n'empêchaient pas le serviteur de Dieu de se ménager encore des loisirs pour composer de nombreux ouvrages et entretenir une vaste correspondance. Les heures du jour ne lui auraient pas suffi ; il prenait sur celles de la nuit, et en dérobait plusieurs à son sommeil ; de plus, il se privait de tout délassement, et ne faisait qu'un repas par jour ; le temps ainsi gagné était consacré au ^travail.
Enfin cet « ouvrier inconfusible », comme l'appelle son biographe, sentit ses forces faiblir. Il avait annoncé lui-même qu'il succomberait en l'année 1731. Quand on apprit à Rome le danger où il se trouvait, l'émotion fut extraordinaire : le pape Clément XII affirmait n'avoir jamais rien vu de semblable. Les plus hauts personnages, les religieux de tous les Ordres voulaient le voir et l'entendre, emporter quelque objet qui lui eût appartenu ; le Père Général, Michel-Ange Tamburini, vint lui baiser les mains et se recommander à ses prières. Pour lui, toujours apôtre jusque dans les bras de la mort, il demanda qu'on laissât approcher ses pénitents, et il en confessa plusieurs. Il voulait ainsi se consoler de mourir dans un lit, au lieu de donner tout le sang de ses veines, en témoignage de sa foi, sur une terre infidèle. Quand il eut rendu le dernier soupir, trois jours entiers furent laissés à la A. I. — T. II. — 3b. • .
274 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
douleur et à la vénération de toute la ville de Rome ; et c'est alors seulement, selon la prédiction formelle qu'il en avait faite, qu'on put l'ensevelir. Le P. Galluzzi était âgé de soixante ans et en avait passé quarante-trois dans la Compagnie.
Memmi, Vita del P. Francesco Maria Galluzzi. ., Roma, 1734. — Mazzo- LARi, Commentarii et Ellogia, p. 96 seqq. — Sommervogel, Bibliothèque.., t. 3, p. 1135. — Compendio (ms.) délia Vita . . . del Servo di Dio P. Francesco Maria Galluzzi (Arch. Rom.}. — Menologio Romano, 1840, 6 settemb., p. 106. — Guidée, Me'nologe., 6 sept.., p. 281.
* Le septième jour de septembre de l'an 1753, mourut à Palerme le F. Joseph Gomito, Goadjuteur temporel, Manuducteur des novices pendant cinquante ans. La maturité de sa vertu lui avait fait confier cette charge presque au début de sa vie religieuse. Pour se former à la perfection et s'animer à la lutte contre euxmêmes, les novices n'avaient qu'à jeter les yeux sur lui et à s'inspirer de ses exemples. Le F. Gomito était d'un tempérament irascible et emporté, et malgré l'énergie d'une volonté habituée à se dominer, on pouvait voir parfois, sous le choc de quelque contradiction soudaine, son visage se colorer, son regard briller d'un feu plus vif; mais les plus grandes surprises de la nature n'allaient pas au delà ; sa voix demeurait calme, et après cette légère altération, sa physionomie reprenait bientôt sa sérénité. Il semblait mort à toute recherche des sens ; jamais il ne demanda à sortir de la maison ; à table, il se contentait invariablement d'un seul mets et ne goûtait ni fruits, ni rien qui fût délicat ; il marchait sans ces-