VII SEPTEMBRE. — F. JOSEPH COMITO
se en la présence cle Dieu et, comme saint Ignace, s'examinait h chaque heure du jour. Mais l'obéissance était sa vertu de prédilection ; il voyait et respectait Dieu lui-même dans la personne des supérieurs. Au cours de ce long demi-siècle pendant lequel il remplit sa charge, il vit plus d'une fois se renouveler ceux qui dirigeaient le noviciat, et ce qui ne doit pas surprendre, plusieurs adoptaient une méthode différente de celle de leurs prédécesseurs. Le F. Comito se soumettait à tous avec le même respect ; il ne jugeait point, ne faisait nulle comparaison de l'un à l'autre, n'en appelait pas même à son expérience ; il obéissait purement et simplement.
Cependant l'âge et la fatigue avaient affaibli ses forces ; on crut devoir le décharger d'une partie de son fardeau. Mais un supérieur nouveau, jugeant que c'était causer un détriment trop grave aux novices, lui demanda de le reprendre tout entier. L'humble Frère alors, pour se conformer à une de nos règles, lui exposa par écrit, tout en s'abandonnant à sa volonté, l'état d'impuissance où l'avaient réduit ses infirmités. En parcourant cette longue liste de misères qui depuis longtemps faisaient de sa vie une sorte de martyre, et qu'il appelait « des roses et des délices », le supérieur fut touché de compassion et n'insista plus. Le saint vieillard dut bientôt se remettre aux mains des médecins. Prévoyant que sa fin n'était pas éloignée, il pria ses frères de le laisser seul pendant quelques heures, afin qu'il pût mettre ordre à ses affaires. Il sortit ensuite de sa chambre et alla jeter dans un grand feu des papiers et différents objets soigneusement enveloppés. On demeura persuadé que c'étaient ses écrits et ses instruments de pénitence. Cet acte d'humilité accompli, il s'étendit sur sa couche, pour y
attendre l'appel de Dieu. Après avoir reçu les derniers sacrements, il demanda si le jour suivant n'était pas la vigile de la Nativité de la très sainte Vierge ; sur la réponse affirmative qu'on lui fît : « Ce sera mon dernier jour », dit-il. Et en effet, il expira le lendemain. Son portrait, au pied duquel on lisait son éloge, fut suspendu à la porte de sa chambre, devenue celle du Frère Manuducteur, comme un hommage à sa mémoire et une exhortation à l'imitation de ses vertus. Le F. Comito était dans la soixantequinzième année de son âge et la cinquante-septième depuis son entrée dans la Compagnie.
Dalle Lettere annue (Arch. Rom.).