X SEPTEMBRE. P. CHARI.ES SPINOLA
pérics de l'air, la seule infection de ce cloaque, d'où nul ne pouvait jamais sortir, semblait capable de soulever le cœur jusqu'à
la mort.
C'est de là que le Bienheureux Spinola adressait à sa famille,au bout de deux ans, ces belles paroles : « Oh ! si vous aviez goûté les délices dont Notre-Seigneur remplit l'âme de ceux qui souffrent pour son amour ! C'est bien réellement dans les fers que l'on commence à se sentir disciple de Jésus-Christ. A la vérité, je souffre beaucoup ; mais je vous assure que dans le temps même où je me sentais défaillir, Dieu a daigné lui-même me fortifier par des consolations si douces, qu'elles me dédommageaient libéralement de tout ce que j'ai pu faire pour son service. Quand je devrais passer encore plusieurs années dans cette prison, le temps m'y paraîtrait court, par le désir extrême que j'ai de souffrir pour ce Seigneur, qui récompense si divinement tous nos travaux. Parmi les maladies qui se sont jointes encore aux autres peines de ma captivité, celle dont je me suis senti le plus abattu, fut une fièvre continue de cent jours, durant lesquels j'étais privé de toute espèce de remèdes et de nourriture. Mais, durant ce temps-là, mon cœur était si plein de joie, qu'il me paraissait trop étroit pour la contenir ; je n'en avais jamais senti de pareille ; et vraiment je m'imaginais être aux portes du paradis ». En 1867, le pape Pie IX, de glorieuse mémoire, par un décret solennel, a décerné les honneurs des bienheureux au vaillant confesseur de Jésus-Christ.
CoRDARA, Histor. Soc. Jes., part. G^ , l. 3, n. 142, p. il'î ; l. 7, n. 180, p. 374 .ie//rj. — Alegambe, Heioes et Victim. charit., p. 323 seqq. — Patrignam, Menol., 10 selt., p. GO. — Nadasi, Ann. dier. memor.., 10»
286 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.
sept., p. 156. — Drews, Fasti Soc. Jes., 10'» sept., p. 353. — Santagata, Istoria délia Provinc. di Napol., t. 4, p. 239 et suà>. — NtEUEMBEnc, Varones (lustres., t. % p. 752. — Grasset, Histoire de l'Église du Japon, t. 2, l. 16, p. 370 et suiv. — Charlevoix, Histoire du Japon, t. 4, l. 14, p. 459 ; /. 5, l. 15, p. 48 et suiv. — Solier, Histoire ecclésiast. du Japon, t. % l. 17, n. 173 ; l. 19, n. 113 et suiv. — Bartoli, Il Giap~ pone, l. 4, p. 29 et suiv. — Lettere annue del Giappone, anno 1622, p. 3 et suiv. — Fabio Spinola, Vita del P. Carlo Spinola.., Roma 1671. — Différentes vies du B. Spinola, Cf. Carayon, Bibliographie histor. S. J., n. 2611-2617. — Broeckaert, Vie du B. Charles Spinola, Bruxelles, 1868.
* Le dixième jour de septembre de l'an 1694, mourut à Recanati, avec la réputation d'un saint, le P. Jean-Baptiste Borghesi, d'une noble famille de Sienne. Il était d'abord entré dans la Congrégation des Pères de l'Oratoire à Florence ; mais pendant son noviciat, la lecture de la vie de saint Stanislas l'attira si vivement vers la Compagnie, que sans attendre le complet aplanissement des difficultés qui s'opposaient à son changement de vie, il alla solliciter son admission à Rome. Après de longues et sérieuses épreuves, il fut reçu à Tàge de vingt-sept ans. Dès le premier jour, il parut un religieux formé ; aussi, par une exception dont on trouverait peu d'exemples, fut-il chargé, même avant l'émission de ses premiers vœux, de la direction spirituelle des Nôtres à Orta, dans la Pouille.
Entre toutes ses vertus, deux surtout brillèrent d'un éclat plus vif, la charité et la patience. Pendant ses oraisons et ses exercices de piété, il était tout absorbé en Dieu. On le trouva un jour disant son bréviaire dans un jardin, le visage gonflé et ensan-