X SEPTEMBRE. — P. JEAN-BAPTISTE BORGHESI
glanté par la piqûre des guêpes et des taons ; plusieurs de ces insectes étaient encore sur ses joues ; il ne s'était aperçu de rien. Au lieu de combattre directement les tentations, c'est en multipliant les actes d'amour de Dieu qu'il les dissipait et les mettait en fuite ; il conseillait aux autres la même industrie, et leur rappelait en riant le proverbe populaire:» Quand la marmite bout, les mouches n'approchent pas». De l'amour de Dieu, comme de sa source, jaillissait l'amour des âmes. Il servit plusieurs années de compagnon au P. Antoine Tommasini, et ce grand missionnaire le vantait « comme un saint, d'une patience et d'une charité admirable, avec les pauvres pécheurs». Contraint par la délicatesse de sa santé de renoncer à la vie apostolique, le P. Borghesi voulut au moins garder les fonctions de catéchiste des petits enfants. Nul ministère ne lui paraissait plus beau. « Ce serait mon désir, disaitil un jour à un Père, de tomber dans l'acte même de l'enseignement du catéchisme, et la baguette en main » ; et il ajoutait agréablement : « Si j'avais à donner le dessin de ma sépulture, j'y ferais sculpter une baguette et le livre de la Doctrine chrétienne ». La seconde vertu du P. Borghesi était la patience. Sa vie ne fut qu'un douloureux enchaînement d'infirmités ; et comme si ce martyre, c'est le nom par lequel il désignait lui-même les crises auxquelles il était en proie toutes les nuits, n'avait pas suffi à contenter son amour de la croix, il y joignait chaque jour les pénitences volontaires les plus rigoureuses, le cilice, les chaînes de fer, les flagellations. Quarante jours de souffrances encore plus aiguës mirent le dernier sceau à sa vertu; le médecin, témoin de son inaltérable sérénité au milieu de ses douleurs, en était dans l'admiration : « Cet homme est un saint», disait-il. Le peuple de Reca-
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nati n'en jugeait pas différemment ; aussi quand le serviteur de Dieu eut rendu le dernier soupir, on le vit se presser autour de ses restes vénérés, demander de ses reliques, l'invoquer avec confiance ; et plusieurs grâces merveilleuses, assure-t-on, récompensèrent cette confiance. Le P. Borghesi était âgé de quarante-huit ans, et en avait passé vingt-et-un dans la Compagnie.
Patrignani, MenoL, 10 setlcmb., p. 71.
* Le dixième jour de septembre de l'an 1833, mourut à Rome, au noviciat de Saint-André, après avoir prononcé ses vœux de dévotion, le F. Paul Linari, novice Scolastique. Il ne fut que montré à la Compagnie et passa presque tout le temps qu'il demeura parmi nous, dans une cellule d'infirmerie. Mais il fit paraître alors de si belles et si aimables vertus ; il avait mené dans sa famille et dans notre collège de Reggio d'Emilie, une vie si pure et si sainte, qu'il paraissait un autre Stanislas. Comme on demandait au P. Roothaan s'il ne conviendrait pas de le renvoyer parmi les siens, avant que tout espoir fût entièrement perdu : « Non, réponditil ; car s'il guérit, la Compagnie aura en lui un digne fils de saint Ignace ; s'il meurt, ce sera pour lui un grand bien ». Consolé par cette parole, le F. Linari s'abandonna à tous les élans de sa joie, et au milieu des plus violents assauts de son mal, il ne cessait de bénir Notre-Seigneur de la grâce incomparable qui lui était faite. Il expira pieusement dans la dix-huitième année de son âge, huit mois après son entrée au noviciat.
Del Page, Commentario délie virtii... di Paolo Linari.., Roina, 1835.