XI SEPTEMBRE
Le onzième jour de septembre de l'an 1644, mourut dans le Seigneur, à Gatanzaro, sa patrie, le P. Alkxandre Ferrari. « Sa grande modestie et ses éclatantes vertus, lisons-nous dans son éloge approuvé par le Père Général, le firent nommer l'ange et le saint. Il était maître absolu de ses passions ; et nul accident, pour imprévu qu'il fût, ne pouvait troubler sa sérénité. Il portait Tliumilité si loin, qu'ayant été souffleté par un homme brutal, il se jeta à terre pour lui baiser les pieds ; et les suffrages favorables donnés à sa science dans son dernier examen s'étant égarés, il fit vœu de ne jamais rien dire de la profession solennelle qu'il avait méritée. Dieu glorifia son humble serviteur, en le comblant avec profusion des faveurs les plus signalées. Il lui communiqua dans un haut degré le don de prophétie, et celui du discernement des esprits. Il lui donna de toucher et de convertir les cœurs les plus durs et les plus opiniâtres, de calmer les plus violentes douleurs, et par le simple attouchement de sa main, par un signe de croix ou une seule parole, de guérir en un moment les plus dangereuses maladies. Le P. Ferrari pouvait encore, à la lumière d'en haut, découvrir les maléfices et les dissiper ; grâce à la vertu de ses prières, un grand vase qui était vide, se remplit d'une huile miraculeuse. G'était l'opinion commune qu'il obtenait de Dieu tout ce qu'il voulait.
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« Aussi vo3'ait-on accourir h lui les faibles et les nécessiteux de la ville, et tous se retiraient consolés et secourus : c'est ce qui lui fit donner le nom de père des pauvres. Embrasé du désir de verser son sang- pour Jésus-Christ et de lui gagner des âmes, il s'embarqua pour les Indes ; mais l'obéissance l'arrêta au milieu de sa course et le rappela en Italie. Jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, le P. Ferrari ne cessa de répandre ses sueurs, et de ramener dans la voie du salut une multitude de pécheurs très éloignés de Dieu. A sa mort, la voix publique proclama sa sainteté ; le concours fut si grand et la foule se pressa si nombreuse à ses funérailles, qu'on ne put terminer l'office divin.
« Il fallut renouveler plusieurs fois ses vêtements, qu'on lui arrachait, avec les cheveux et même avec la peau. Sa sépulture fut retardée trois jours entiers, pendant lesquels son corps demeura flexible et sans ombre de corruption. Enfin il a laissé un nouveau titre à une mémoire glorieuse dans l'établissement du célèbre Mont des Morts., pieuse institution fondée par ses soins à Cantazaro pour le soulagement des âmes du purgatoire, et qui est encore dirigée par les règlements qu'il lui a donnés ».
ScHiNosi, Istor. délia Provinc. di Napoli^ t. 1, p. 485. — Patrignani, Menologio, 11 settemb.., p. 85. — Menologio Rotnano, 1840, p. 112. — Guidée, Menai., 10 septemb., p. 286. — Juvencius, Histor. (ms.) Societ. Jesu, continens res gcstas... in Italia et Sicilia ab anno 1616 ad annum 1646, p. 64. Copie du manuscrit qui se trouve à la Bibliothèque royale de Munich.
Le onzième jour de septembre de l'an 16S7, mourut à Palerme le P. Jean-Pierre Mustica, considéré par ses contemporains com-