‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 138 sur 362 · XIV SEPTEMBRE. — P. JOSEPH-MARIE MAZZOLARI · texte numérisé non relu

XIV SEPTEMBRE. — P. JOSEPH-MARIE MAZZOLARI

tes de Notre-Dame, il allait de porte en porte, la besace sur l'épaule, mendier pour les prisonniers.

Au milieu de tant de travaux, il avait épuisé ses forces. Les supérieurs l'envoyèrent aux eaux d'Ischia. Comme il se préparait à revenir, la saison terminée, il tomba g-ravement malade à Naples. Il accueillit avec des transports de joie l'annonce de sa fin prochaine : « Oh ! l'heureuse, l'enviable nouvelle » ! dit-il ; et s'adressant aux Pères, il ajouta : « Pourquoi vous attrister ? voici l'heure que je n'ai cessé de désirer ■». Depuis de longues années en effet, le P. Bruno consacrait chaque mois un jour entier à se préparer à la mort, et pour étendre cette salutaire pratique, il avait même composé son livre La journée en solitude.

Quand on apprit à Bari que l'homme de Dieu venait d'expirer, la douleur fut générale ; tous les offices publics vaquèrent en signe de deuil ; des services solennels furent célébrés par les chapitres de l'église métropolitaine et de Saint-Nicolas, et plusieurs grâces extraordinaires furent obtenues au contact de ses reliques et par son intercession. Le P. Bruno était âgé de soixante-six ans, dont il avait passé près de cinquante dans la Compagnie.

Dalle a mute Lcllere { Archw. Rom). — Mosc.vti, Vita del P. Domciiivo Bruno . . . Napoli, 1736.

* Le quatorzième jour de septembre de l'an 1786, mourut à Rome, dans l'ancienne maison professe du Gesù, le P. Joseph-Marie Mazzolari, plus connu sous le nom de Morianus PartJienius, qu'il avait choisi par dévotion pour la Mère de Dieu . Cette dévotion

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forme en effet le caractère propre du P. Joseph iMazzolari et résume sa vie tout entière. Il l'avait puisée sur les genoux de sa mère, et reconnaissait lui-même que tous les biens lui étaient venus avec elle. Par nature, il était pusillanime et porté à la mélancolie ; son imagination ardente grossissait les moindres difficultés et en faisait des obstacles insurmontables. Pendant son noviciat, il fut plus d'une fois sur le point de tout abandonner. Son Maître des novices, le P. Volumnio Piccolomini, lui rappelait alors le souvenir de Marie ; à ce nom béni, toutes ses frayeurs s'évanouissaient, et il affrontait de grand cœur tous les sacrifices. « C'était le fil de soie, dit son biographe, avec lequel son prudent directeur le conduisait suavement et sûrement».

Le souvenir de Marie était sans cesse présent à sa pensée ; il s'appliquait avec une diligence filiale à en reproduire tous les traits. Les vertus qu'elle avait plus aimées lui étaient aussi plus chères. Il avait une attention jalouse à garder son cœur et tous ses sens, parce que, dit l'auteur de son éloge, « il voulait être le vrai fils de la mère de la pureté » ; il s'exerçait à une donceur parfaite, pour mieux ressembler à celle dont l'Eglise chante qu'elle est douce entre tous, iutcr oinnes niitis ; il s'attachait d'un amour de prédilection à l'obéissance et à l'humilité, parce que Marie est la créature humble et obéissante par excellence.

De cette dévotion, naissait le zèle à la faire honorer. 11 lui avait consacré depuis longtemps et sa langue et sa plume. Pendant les vingt-cinq années qu'il fut appliqué à l'enseignement, à Florence, à Fermo et au Collège Romain, sa constante préoccupation fut d'inspirer à ses écoliers, avec l'ardeur pour l'étude, la dévotion à Marie. Directeur de la congrégation dite dclla Scoletta, il

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déployait toutes les industries de la piété la plus ardente pour donner à sa céleste protectrice des serviteurs dignes d'elle, pour ajouter à l'éclat de ses fêtes et lui ménager un plus magnifique tribut d'hommages. Des nombreux ouvrages cpi'il a publiés, il n'en est pas un, quel qu'en soit le sujet, où ne se fasse jour directement ou indirectement son amour fdial pour l'auguste Mère de Dieu.

La suppression de la Compagnie fit à son cœur une blessure profonde. Après avoir pendant quelques années reçu l'hospitalité dans une maison amie, il demanda la permission de se retirer au Gesù, afin de pouvoir reposer, quand Dieu le rappellerait à lui, auprès de ses anciens frères. Le P. Mazzolari avait toujours eu une grande appréhension de la mort : la nouvelle que sa vie était condamnée sans retour et qu'il devait se préparer au sacrifice suprême, lui fut portée le jour de saint Joseph, son patron. 11 l'accueillit, contre toute espérance, non seulement avec résignation, mais avec une telle joie, qu'il ne se souvenait pas, disait-il, d'en avoir éprouvé de pareille en toute sa vie, et aussitôt il récita le Te Deurti. Cette joie ne se démentit pas un moment jusqu'à son dernier soupir. Quand vint l'heure solennelle, il répondit lui-même aux litanies, et peu après, il expira doucement. Suivant son désir, son cœur, enfermé dans une urne, fut déposé aux pieds d'une image de Marie, dans le sanctuaire de Notre-Dame de Moiitorella, très cher à sa piété. Le P. Mazzolari était dans la soixantequatorzième année de son Age et la cinquante-quatrième depuis son entrée au noviciat.

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Termanini, Memorie délia Santa Vi'ta e preziosa morte del Sig. Ab Giuseppe-Maria Mazzolari^ solito a coprirsi sotto i nomi di Giuseppe-Mariano Partenio, defonto in cjuesta pia casa del Gesà, li 14 settembre dell'anno 1786 {Archiv. Rom,). — Caballero, Biblioth. Script. Soc. Jesu Supplem. 1""", p. 184. — de Backek, Biblioth., i^'" édit., t. 6, p. 336. — BoERo, Josephi Mariani Parthenii e Soc. Jesu Commentarii et Ellogia., préface, p. 5.

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