‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 140 sur 362 · XV SEPTEMBRE. — B. CAMILLE COSTANZO · texte numérisé non relu

XV SEPTEMBRE. — B. CAMILLE COSTANZO

corps j\ demi grillé, tlo la grâce qu'il lui faisait de mourir pour lui. Après un peu de silence, il s'écria par trois fois : « Oh ! que je suis bien ! que je suis bien ! que je suis bien » ! formule dont se servent les Japonais pour exprimer une satisfaction extrême. Cependant le feu a3'ant gagné ses habits et environné son corps, les assistants crurent qu'il était mort ; mais au grand étonnement de tout le monde, ce prêtre du Dieu vivant, étant venu au point de son sacrifice, comme s'il eût été à l'autel, fut entendu chanter le cantique des anges, et dire cinq fois d'une voix ferme et éclatante : Sa fictiis ! Sanctus ! San ctus / après quoi, il rendit son esprit, qui s'envola au ciel pour continuer d'y chanter éternellement ce même cantique ». Ceux qui furent témoins de cette merveille, entre autres les Anglais et les Hollandais, ne trouvaient pas de parole pour exprimer leur étonnement. Tout ce qu'ils pouvaient dire, c'est que la vertu de ce héros chrétien n'avait rien d'humain, et que ce courage était au dessus des forces de la nature.

Alegambe, Heroes et Victim. charit., p. 342 seqq. — Lcttere anime del Giappone, l(i22, p. 75 et suip. — de Gharlevoix, Histoire du Japon, t. 5, l. 15, p. 16 et suiv. ; l. 16, p. 81. — Solier, Histoire ecclésiastique du Japon, t. 2, l. 19, ch. 21, /;. 737 et suiv. — Cr.vsset, Histoire de l'Eglise du Japon, t. 2, l. 16, p. 396 et suiv. — Bartoli, H Giappone, l. 4, p. 69, p. 146 et suiv. — Cordara, Histor. Soc. Jcs., part. 6* , l. 6, n. 167, p. 326 ; l. 7, n. 206, p. 401. — Patrignani, Menol., 15 sett., p. 126. — Nadasi, Ann. dier. memor., 15* sept.., p. 167. — Drews, Fasti Soc, 15* sept., p. 361. — Nieuemrerg, Varones ilust., t. 4, p. 356. — Santagata, Histor. délia Prov. di Napol., t. 4, p. 229 et suiv., p. 256 et suiv. — Rho, VariiB virtut. histor., p. 138.

314 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

* Le quinzième jour de septembre de l'an 1617, mourut à Bologne le P. OcTAViEN Navarola, Provincial de Venise, honoré comme un saint par les Nôtres et par les étrangers. Cette gloire, dit le P. Jouvancy, était d'autant mieux méritée, que le P. Navarola avait de plus bas sentiments de lui-même. Doué de toutes les qualités que saint Ignace demande dans les supérieurs, lui seul paraissait les ignorer ; il aurait voulu se dérober à toute charge, si humble qu'elle fût, tellement il s'en réputait indigne. Mais une fois que l'obéissance lui avait confié un emploi, le sentiment du devoir lui donnait une force admirable pour le remplir dans toute son étendue. Scrupuleux observateur de la règle, il exigeait des autres la même fidélité. C'est à la charité surtout qu'il faisait appel, pour obtenir de ses inférieurs tout ce que sa charge l'obligeait à leur demander ; il considérait la charité comme le meilleur auxiliaire de l'autorité ; on enlève à celle-ci, disait-il, tout ce qu'on ôte à celle-là. Dans les visites de sa Province, c'était une de ses recommandations habituelles aux supérieurs : « Mes Pères, leur disait-il, plus de charité et moins d'autorité ». A l'exemple de saint Ignace, il n'épargnait nulle sollicitude pour soulager les malades, les consoler et les ramener à la santé ; et quant aux ouvriers valides, nvdles dépenses ne lui coûtaient pour leur procurer tout ce qui leur était nécessaire. Il n'était sévère que pour lui-même.

Envoyé en Bohême pour constituer le noviciat de Brûnn sur le modèle de celui de Saint-André à Piome, le P. Navarola ne fut pas sans rencontrer quelques difficultés dans cette tâche délicate ; mais par sa prudence, son humilité et surtout par sa charité, il sut si bien se ménager l'estime et l'affection de tous, qu'avant de

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le rappeler en Italie, le Père Général Claude Aquaviva lui confia le gouvernement de la Province d'Autriche. Il revint ensuite dans sa patrie et fut nommé Provincial de Venise. 11 n'exerça cette charg-e que deux années. Un mal mystérieux que la science des médecins fut impuissante à découvrir, le conduisit rapidement au tombeau, au milieu de cruelles souffrances. Sur le point de mourir, le P. Navarola demeura fidèle à l'humilité, sa vertu privilégiée. Après avoir fait sa confession générale et reçu les derniers sacrements, il demanda qu'on l'étendît sur la terre nue comme un pécheur ; et c'est ainsi qu'il rendit le dernier soupir, à l'âge d'environ soixante ans.

JuvENCius, Historia (ms.j Societ. Jesu, part. 6* , lib. i, g. 17, p. 55. — CoRDARA, Histor. Soc. Jesii^ part. 6' , lib. 2, n. 16, p. 89. (Le P. Cordara a reproduit à peu près mot à mot le récit du P. Jouvancy). — Pa- TRiGNANi, Menol., 15 settemb., p. 131. — Nadasi, Annus dicr. inemor., 15 sept., p. 166.

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