XXVIII SEPTEMBRE
Le vingt-huilième jour de septembre de l'an 4626, mourut en odeur de sainteté, dans la Province de Naples, le P. Jean-André Sambiasi, Recteur du collège de Gosenza. L'Histoire de la Compagnie nous a conservé des exemples vraiment héroïques de sa générosité à se vaincre. Dès le temps de son noviciat, on l'avait vu, comme le grand apôtre des Indes, appliquer ses lèvres sur l'ulcère d'un pauvre malade et en sucer le pus. Malade lui-même, il ne témoignait le désir d'aucun soulagement, et ne demandait pas seulement une goutte d'eau pour tempérer les ardeurs de la fièvre. Quand il eut rendu le dernier soupir, ceux qui ensevelirent son corps le trouvèrent si cruellement sillonné des traces encore toutes fraîches de ses flagellations, ainsi que des chaînes et des ciliées qui s'étaient gravées sur sa chair vive, qu'il semblait une fidèle image du corps sanglant de Jésus en croix.
CoRDARA, Histor. Soc. Jes., part. 6=", /. 11, n. 28, p. 10. — Santagata, Jstor. dclla Provinc. di Napoli, t. 4, p. 407.
XXIX SEPTEMFiRE
Le vingt-neuvième jour de septembre mourut à Messine l'an 1603, le F. Coadjuteur novice Pierre Cutrona, un mois à peine après son entrée dans la Compagnie. II avait eu depuis son enfance une très tendre dévotion au glorieux archange saint Michel. Comme on lui demandait, durant les derniers jours de sa vie, d'où lui venait sa joie, môme dans les plus violentes crises de son mal : « C'est, répondit-il, que dans l'espoir d'expirer au beau jour consacré à saint Michel, toute la rage de l'enfer ne saurait m'inspirer aucun effroi » ! Cependant rien ne faisait prévoir un dénouement si prochain, et la veille encore de la fête, les médecins se flattaient de l'espérance de le guérir bientôt. Mais dans la journée du vingtneuf, ses forces l'abandonnèrent tout à coup, et il parut sur le point de rendre le dernier soupir. Toute la communauté se pressa alors autour de sa couche, pour l'assister dans son agonie. Soudain le ciel se voila, et un orage terrible éclata avec une violence telle que nul ne se souvenait d'en avoir entendu de semblable. La maison du noviciat paraissait secouée jusque dans ses fondements; la foudre tombait à tout moment; on vit en plus de vingt endroits des traces fumantes de son passage. Seule la cellule où agonisait le dévot client de saint Michel était tranquille ; et comme si l'en-
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fer n'avait déchaîné cette tempête que pour exhaler sa haine furieuse, à peine le F. Gutrona eut-il remis son Ame entre les mains de son puissant protecteur pour être présentée au trône de Dieu, il se fit un grand calme, et le ciel reprit toute sa sérénité.
Aguileua, Histur. Provinc. SicuL, t. 1, p. 449. — Litter. ann. Societ., anno 1603, p. 14.
Le ving-t-neuvième jour de septembre de l'an 16S6, mourut à Barletta, dans le royaume de Naples, le P. François Zuccarone, martyr de son dévouement au service des pestiférés. Il venait, durant les exercices de son troisième an, d'évangéliser la Fouille, et il avait vu le peuple accourir de tous côtés pour l'entendre ; en même temps, il sollicitait la grâce des missions étrangères, lorsqu'il apprit l'invasion de la formidable peste qui fit périr, dans l'espace de quelques mois, plus de quatre-vingts enfants de la Compagnie au chevet des mourants, dans la seule Province de Naples. François Zuccarone fit vœu aussitôt de se dévouer au même ministère de charité, autant que le lui permettrait l'obéissance. Après avoir, durant vingt-neuf jours, prodigué sa vie au salut des Times, se sentant frappé à son tour, il reçut le saint viatique à genoux sur le seuil de sa pauvre cellule, et ne tarda pas à rendre le dernier soupir, si profondément regretté des magistrats de la ville de Barletta, qu'ils le firent représenter, tel qu'ils l'avaient vu les derniers jours de sa vie s'épuisant sans relâche pour les consoler et les sauver.