IX JUILLET
Le neuvième jour de juillet de l'an 1665, mourut a Palerme le P. Gaspar Castiglia, supérieur de la maison professe, consumé avant l'âge par la rigueur de ses austérités. Toute sa joie semblait en effet de souffrir ; l'une de ses oraisons jaculatoires était celleci : « Envoyez-moi de nouvelles douleurs, ô mon Dieu ! et que mon purgatoire même soit éternel, si vous le voulez ainsi ». Sans sortir des limites de la prudence et de l'obéissance, il avait une merveilleuse adresse pour se ménager des humiliations, d'autant plus pénibles qu'elles pouvaient paraître moins volontaires, comme de demeurer parfois sans réponse au milieu d'une discussion publique ; mais il fallait qu'il fût seul à en souffrir, et qu'il n'en résultat nul détriment pour l'honneur de la Compagnie, On aurait peine à s'imaginer combien cet honneur était cher au P. Castiglia: « Je n'ai pas moins de sollicitude, disait-il, pour la réputation de la Compagnie que pour le salut de mon âme » ! Cette réputation était h ses yeux inséparable de la plus grande gloire de Dieu, et ceux qui la compromettaient, surtout parmi les jeunes religieux, ne trouvaient aucune grâce devant lui ; il était inexorable à solliciter leur expulsion. Cette pensée lui servait de stimulant pour l'obser-
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vation la plus exacte de toutes les règles de modestie, si propres à élever les âmes vers Dieu, et à répandre la bonne odeur de Jésus-Christ.
Aguilkra, Histor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 843 seqq.