XII OCTOBRE
* Dans le courant de l'année 1630, on ignore quel mois et quel jour, le P. Jean-ThoiMas Pasqualini mourut glorieusement à Bari, 6a patrie, en se dévouant au service des pestiférés. Enrôlé d'abord parmi les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, il avait, à l'âge de vingt-deux ans, échangé ses brillantes livrées contre l'humble vêtement des novices de la Compagnie de Jésus. Mais cet acte de générosité ne se soutint pas, et Jean Pasqualini rentra dans le monde. Le remords et la honte l'y suivirent. Au bout de six ans, ne pouvant plus résister aux reproches de sa conscience, il alla, comme l'enfant prodigue, se jeter aux pieds du Père Général Mutins Vilelleschi, confessa sa faute, et demanda la dernière place parmi les enfants de la Compagnie. Admis de nouveau, il reprit à pied la route de Naples, à titre de première expiation; et malgré toutes les tentations de l'orgueil, il obtint de s'ensevelir en quelque sorte dans les ministères les plus humbles et les plus laborieux. A celui qui a l'ambition de devenir un ouvrier inconfusible, dit le P. Alegambe, on peut proposer comme modèle le P. Pasqualini. L'enseignement des plus basses classes, le catéchisme aux enfants, la visite des hôpitaux et des prisons, les missions de campagne, les occupations manuelles les
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plus grossières, l'assistance des moribonds à toutes les heures du jour et de la nuit, se partagèrent jusqu'à la fin toutes ses journées. Quand la peste se fut déclarée à Bari, il redoubla de zèle et de charité. Le jour, il était au chevet des malades, les consolant, leur prodiguant les secours corporels et spirituels ; le soir, il allait à travers les rues de la ville, nu-pieds, en habit de pénitent, invitant le peuple à fléchir par ses prières et ses larmes la colère du ciel. Atteint par le redoutable fléau, il fit avec joie le sacrifice de sa vie. 11 était âgé de soixante-huit ans.
Alkgambe, Heroes et Viclimec charit., p. 538. — Patrignani, Menol., H ottob., p. 80.