‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 190 sur 362 · XVIII OCTOBRE · texte numérisé non relu

XVIII OCTOBRE

Le dix-huitième jour d'octobre de l'an 1633, le P. Jean Adamo, né à Mazzara en Sicile, consomma saintement son long et douloureux apostolat de vingt-neuf ans au Japon, par le cruel supplice de la fosse, sur la sainte montagne de Nangazaqui. 11 avait baptisé de sa main, au plus fort des persécutions, des milliers d'infidèles et il leur inspirait, avec la foi, un invincible amour de la croix et du martyre. Quelques-uns même des persécuteurs partageaient l'amour et la vénération universelle pour l'homme de Dieu : un juge idolâtre, auquel sa retraite avait été signalée, vint le prier en secret de s'enfuir avant l'envoi d'une troupe de satellites. Le P. Adamo s'échappa au milieu de la nuit, par des montagnes presque infranchissables et des précipices pleins de neiges ; il prolongea ainsi plusieurs années encore ses rudes travaux pour le salut d'un grand nombre d'àmes, sans perdre néanmoins la couronne du martyre, qu'il appelait de tous ses vœux, et que lui procurèrent enfin cinq jours des plus atroces tourments. 11 était âgé de cinquante-neuf ans, et en avait passé trente-huit dans la Compagnie.

412 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.

Alegambe, Mortes illustres, p. 432. — Cr.vsset, Histoire de l'Église du Japon, Paris, 1715, t. 2, p. 613. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 284. — Patrignani, Menologio, 22 ottob., p. 170. — Nadasi, Annus dier. memor. , 22* octob., p. 238. — Drews, Fasti Soc. Jesu, 22* oct., p. 413.

* Le dix-huitième jour d'octobre de l'an- 1638, mourut au Maduré le P. Antoine de Vico, né à Montalto, compagnon des travaux et des épreuves du P. de' Nobili. Il enseignait la théologie au séminaire de Gochin, quand le grand apôtre, impuissant à recueillir seul la magnifique moisson que ses sueurs avaient fait germer à Maduré, fît appel à son amour des âmes et de la croix. Le P. de Vico répondit avec empressement à cette invitation ; après l'avoir vu quelque temps à l'œuvre, le Père Provincial se félicitait, dans une lettre au Père Général, « d'avoir fait choix, pour une mission si difficile, d'un homme dont la science et la prudence égalaient le zèle ».

On sait les contradictions qui entravèrent l'œuvre du P. de' No bili. Accusé de tolérer des pratiques idolàtriques, il dut quitter ses chrétiens et venir à Goa se défendre à la fois devant le Père Visiteur de la Compagnie et devant le tribunal de l'inquisition. Durant ces douloureuses années, le P. de Vico demeura seul chargé de la mission du Maduré; et quand toutes les accusations dissipées, celui qu'il vénérait comme son maître et comme un saint, reparut au milieu de son troupeau, il eut la consolation de le lui remettre aussi fidèle et aussi florissant qu'avant l'épreuve. Mais le P. de' Nobili aspirait à de nouvelles conquêtes ; laissant donc son

Page 1