‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 204 sur 362 · XXVIII OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXVIII OCTOBRE

Le vingt-huitième jour d'octobre de l'an 16S3, mourut au collège de Milan le F. Jean-Thomas Tommasi, Scolastique, âgé de dix-neuf ans, dont il avait passé près de cinq dans la Compagnie. L'exemple des saints lui avait inspiré dès son enfance le désir de se retirer seul dans quelque lieu désert et d'y mener la vie érémitique, mais en se réservant la liberté d'interrompre de temps en temps ses exercices de prière et de pénitence, pour visiter les campagnes voisines, et enseigner le catéchisme aux enfants et aux ignorants. Ainsi se proposait-il, sans le savoir, la double fin de notre vocation. A peine eut-il connaissance des règles de saint Ignace, que dans les transports de sa joie et de sa profonde vénération pour ceux qui menaient une telle vie : « J'aurais voulu pouvoir, disait-il, chaque fois que j'en rencontrais un, me jeter à ses pieds, même en public, et les lui baiser » !

Cette ferveur le suivit dans la Compagnie. Elle ne se borna pas à quelques actes d'une dévotion sensible, qui ne pénètre pas jusqu'au vif de l'ûme. Sa principale étude fut au contraire de se vaincre lui-même avec une rare énergie. Durant une maladie de huit mois, dont la violence allait souvent jusqu'à lui ôter l'usage de ses sens, le F. Tommasi n'eut pas une seule fois à s'accuser

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du plus léger mouvement d'impatience, tant il avait d'empire sur lui-même. 11 en fut divinement récompensé sur son lit de mort, par d'ineffables consolations. Il avait un frère dans la Compagnie, au même collège de Brera. Ne le voyant pas avec la communauté quand on lui donna les derniers sacrements, et devinant bien crue la douleur l'avait tenu éloigné, il le fit venir : « Frère, lui dit-il, le visage rayonnant d'allégresse, ce n'est pas le temps de craindre et de s'attrister ; c'est celui de s'abandonner à la joie et à la plus douce espérance ». Et quelques heures après, l'angélique F. Tommasi s'endormait dans le sein de Dieu, portant au ciel l'innocence de son baptême.

Littersa ann. Societ., anno 1G50, p. 321. — Patrign.vni, Menologio, 28 ottob., p. 213.

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