XXIX OCTOBRE
Le vingt-neuvième jour d'octobre de l'an 157{), mourut de la peste, dans les environs de Messine, le P. Pantaléon Rodino, Génois, envoyé en Sicile par saint Ig-nace, et dig-ne successeur du V. P. Wischaven dans la charg-e si délicate de former les novices de la Compagnie. L'histoire ne nous a transmis qu'un éloge incomplet des insignes vertus de ce saint homme ; mais telle était la pureté de sa vie, son détachement des choses créées et son union de cœur avec Dieu, qu'au moment môme où il expirait, l'abbesse d'un monastère assez éloigné, où l'on ne se doutait pas même de sa maladie, le vit monter glorieux au ciel et reçut de sa bouche, pour dernier adieu, ces belles et saintes paroles : « N'oubliez jamais, ô ma Sœur, que tout le temps donné par vous à Notre-Seigneur dans la prière est et sera toujours votre bien ».
Aguilera, Histor. Provinc. Sicnl., t. 1, j). 104, 215. — Alberti^ htor. délia Proi'inc. di Sicilia, p. 348.
* Le vingt-neuvième jour d'octobre de l'an 1714, mourut à Parme le P. Jean-Baptiste Beccaria, que l'on peut justement ranger, dit A. I. — T. II. — S6. 441
442 MÉNOLOGE S. J. ASSISTANCE d'iTALIE.
l'auteur de sa notice, parmi les meilleurs ouvriers de la Province de Venise à cette époque. Pendant quarante-six années de suite, il ne cessa de remplir la ville de Parme des fruits de son zèle et du parfum de sa sainteté. A la direction de la triple congrégation des nobles, des artisans et de la pénitence, il joignait la visite assidue des hôpitaux et des prisons, l'assistance des moribonds ; il était prêt à toute heure à entendre les confessions ; s'il fallait remplacer quelqu'un dans un office, on pouvait recourir à lui en toute confiance.
Toutes les misères spirituelles et corporelles excitaient sa compassion. Il fonda une maison de refuge pour les jeunes filles en danger ; il augmenta celle des repenties et y ranima l'esprit de piété. Chaque jour, il avait ses heures pour donner audience aux malheureux et écouter le récit de leurs plaintes et de leurs besoins ; il leur distribuait de larges aumônes , alimentées par la générosité des Times pieuses et des membres de la famille ducale. Les Juifs étalent encore l'objet particulier de son zèle ; il eut la consolation d'en convertir plusieurs. L'épreuve de la maladie mit le dernier sceau à la vertu du P. Beccaria ; pendant cinq longues années, son courage et sa joyeuse résignation ne se démentirent pas un instant. Chargé enfin des mérites de ses bonnes œuvres, il alla plein de confiance se présenter au tribunal de Celui qu'il avait tant aimé et si généreusement servi. Il était âgé de quatre-vingt-un ans, et en avait passé soixante-cinq dans la Compagnie.
Elogia defunctor. Provinc. Venet. (Archw. Rom.}. — Boero, Notice ms. ( Arc/là'. Rom.).