‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 217 sur 362 · VI NOVEMBRE · texte numérisé non relu

VI NOVEMBRE

Vers le sixième jour de novembre de l'an lî>8t), mourut au collège de Bivona, où il travaillait avec zèle depuis vingt-huit ans, le P. Jacques Zarzana, originaire de la petite ville de Gorleone en Sicile. Il était unanimement vénéré comme un saint religieux, que ne rebutait aucune peine pour l'amour de Dieu et des âmes. Cependant attaqué d'une maladie mortelle et près d'aller rendre compte de toutes ses œuvres au tribunal du souverain juge, il fut saisi d'une terreur si vive, que s'adressant avec beaucoup de larmes à sainte Marie-Madeleine sa protectrice, il la supplia de lui obtenir un répit de deux ans, pour se préparer à la mort. La glorieuse pénitente l'exauça à la lettre ; car deux ans après, jour pour jour, le P. Zarzana expira doucement, plein de la plus joyeuse confiance. Trois semaines plus tard, on ouvrit sa sépulture ; il s'en exhala, au témoignage des PP. Alberti et Aguilera, un parfum délicieux et qui embauma tous les assistants.

Litter. annus". Societ., anno 158G, p. 79. — Albekti, Istor. délia Provinc. di Sicil., p. 513. — Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, t. ï, p. 251.

* Dans le courant de l'année IGO^, mourut à Padoue le P. Augustin Segala, justement appelé par les Lettres annuelles de la Com-

472 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

pagnie un religieux d'une vertu insigne. II avait puisé cette vertu dans l'étude assidue et la pratique des Exercices de notre Bienheureux Père. On peut dire en effet qu'il était l'homme des Exercices ; il les faisait chaque année avec une diligence incroyable, et en sortait brûlant de zèle pour le salut des âmes et pour sa propre perfection. La méditation fondamentale l'attirait de préférence ; il passait plusieurs jours à l'approfondir et paraissait ne pouvoir s'en détacher. Aussi sa vie tout entière était-elle animée et pénétrée de l'esprit surnaturel . A l'époque où il étudiait la philosophie et la théologie, sa pratique constante, quand il se trouvait en face d'une difficulté qu'il ne pouvait résoudre, était de recourir à la prière et à la pénitence et d'y chercher la lumière dont il avait besoin. Il exerça longtemps l'office de prédicateur avec une grande réputation. Il s'appliquait surtout à encourager les âmes, à les dilater par l'espérance des biens immenses et éternels qui les attendent dans la gloire ; et grâce à cette méthode, assurent ses contemporains, il recueillit les plus heureux fruits.

Une pénible maladie le retint longtemps sur son lit comme sur une croix. Alors, avec une simplicité touchante, il pria le Maître des novices de lui donner chaque jour les points de méditation ; il ne savait et ne voulait s'entretenir que de Dieu, tous les autres sujets lui étaient à charge. Souvent rcîjoui et fortifié par le corps et le sang de son Sauveur, qu'il reçut à genoux tant que ses forces le lui permirent, il alla contempler enfin les splendeurs que Dieu réserve à ses élus.

Litter. ann. Soviet., anno 1605, p. 158 seqq.

Page 1