‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 218 sur 362 · VII NOVEMBRE · texte numérisé non relu

VII NOVEMBRE

Le septième jour de novembre de l'an 1645, mourut à Marsala le F. Sébastien Ferrigno, Goadjuteur temporel. 11 était né dans la Province de Naples ; mais le désir de sacrifier plus complètement à Notre-Seigneur les affections de la patrie et de la famille, le conduisit en Sicile, et c'est là qu'il embrassa la vie religieuse. Pendant près de quarante ans sans interruption, il remplit seul l'office de boulanger, au collège de Marsala. Le renoncement et la charité de ce saint homme lui rendaient aimable un si rude travail, même quand ses forces épuisées semblaient ne pouvoir plus y suffire. La persuasion unanime des Pères et des Frères, dit Aguilera, était que les saints anges et surtout son ange gardien l'aidaient à remplir sa tache et s'entretenaient familièrement avec lui. Le F. Ferrigno mourut dans la soixante-dixième année de son âge et la quarante-neuvième depuis son entrée dans la Compagnie.

Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 434.

Le septième jour de novembre de l'an 1717, mourut au petit village de Pofi, dans le diocèse de Veroli, le B. P. Antoine Baldinucci, A. I. — T. II. — 60. 473

Florentin, l'apôtre et le thaumaturge de la Province Romaine. Il n'avait pas plus de dix ans, lorsque Notre-Seigneur fit par deux fois connaître à une de ses plus fidèles servantes, qu'il se le réservait pour sa gloire ; car elle vit un jour notre Bienheureux Père tenant dans ses bras le petit Antoine, et disant de lui avec tendresse : « Cet enfant est mon fils et je suis son père ; il deviendra plus tard un grand saint » ! Peu de temps après, elle vit encore le jeune écolier portant gravé sur sa poitrine le nom de Jésus, et recueillit ces belles paroles de la bouche du Sauveur : « Cet enfant doit entrer un jour dans la Compagnie qui porte mon nom ; il me servira et m'aimera de tout son cœur » !

Vingt ans d'un apostolat comparable à celui des plus glorieux enfants de saint Ignace, dans les montagnes et sur le littoral du vieux Latium, justifient surabondamment ces deux magnifiques promesses. Malgré la faiblesse de sa complexion, que de grandes maladies avaient encore rendue plus délicate, le P. Baldinucci entreprit et soutint jusqu'à sa mort des travaux et un genre de vie qui auraient réclamé les forces d'un géant. Rien ne lui paraissait trop dur quand il s'agissait de gagner une fime. Pour triompher d'un pécheur endurci, il n'hésitait point à se flageller devant lui jusqu'au sang, et à prolonger ses prières aux pieds de Notre-Seigneur plus de la moitié de la nuit. Sans distinction d'hiver ou d'été, de plaines, de halliers ou de montagnes, il faisait tous ses voyages pieds nus, et souvent il n'avait pas où reposer sa tête. S'il avait voulu s'épargner ces fatigues, il n'aurait eu qu'à laisser faire les peuples qu'il ramenait en foule à Jésus-Christ; mais sa plus douce joie était de souffrir ; bien que la puissance divine semblât avoir été remise en ses mains, jamais il n'en voulut user pour lui-même.

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