VII NOVEMBRE. — P. AUGUSTIN CENTURIONE
Entre les innombrables miracles dont sont remplis les actes de sa béatification, un des plus frappants et des plus justement célèbres est celui qu'il opéra en pleine campagne, devant une nombreuse multitude. II prêchait sur l'enfer, au pied d'un grand arbre, dans cette saison de l'année où les feuilles nouvelles sont plus abondantes et plus tenaces. S'adressant à la foule qui l'environnait : « Voulez-vous voir, dit-il, comment tombent dans le feu éternel les âmes coupables ? Voyez comment tombent les feuilles dont cet arbre est chargé » ! Et aussitôt elles se détachèrent sans le moindre souffle, et couvrirent le sol, tandis que tout le peuple demandait à grands cris miséricorde et pardon.
Les différentes vies du P. Baldinucci, cf. Carayon, Bibliographie historique, n. 1502-1505, p. 213. — Ch. Clair, le Bienheureux Antonio Baldinucci. — Patrjgnani, Menologio, 7 nov., p. 38. — Mazzolari, Conimentarii et Ellogia^p. 62. — Sommervogel, Biblioth., t. 1, p. 828. — Vannucci, Vita del Beato Antonio Baldinucci, Rama, 1893.
* Le septième jour de novembre de l'an 1657, mourut saintement à Ghieri le P. Augustin Centurione, de l'illustre famille génoise de ce nom. H avait rempli plusieurs charges importantes, et avait même été élevé à la dignité de Doge. Au milieu de la sollicitude des affaires, il n'avait cessé de mener la vie non seulement d'un chrétien, mais d'un fervent religieux. Ses biographes n'hésitent pas à dire que son union à Dieu était continuelle ; plus de trente ans avant sa mort, il avait pris l'engagement de ne rien faire sans l'assentiment de son directeur spirituel, et il lui sou-
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mettait ses moindres difficultés comme eût pu le faire le plus humble des religieux. Tous les jours, ou du moins plusieurs fois la semaine, il s'approchait de la sainte table, pour y trouver lumière et force dans ses hautes fonctions.
Mais le monde lui pesait ; il aspirait à une vie plus pauvre, plus semblable à celle de Notre-Seigneur. A la mort de sa femme, il se hâta de laisser la toge et reçut les ordres sacrés. C'était un premier pas dans la voie du dépouillement. Bientôt, il sollicita du Père Général Goswin Nickel, la faveur d'être reçu parmi les novices de la Compagnie ; il avait plus de soixante-dix ans ; mais, disait-il, s'il était désormais trop tard pour apprendre à bien vivre, il était temps encore d'apprendre à bien mourir ; il serait heureux de remplir les plus bas offices parmi les Frères Coadjuteurs. Pour donner un grand exemple au monde, le Père Général, usant de ses pouvoirs, fît volontiers une exception aux règles communes de la Compagnie, et Augustin Centurione, abandonnant joyeusement tout ce qui lui rappelait son ancienne fortune, alla s'enfermer au noviciat de Chieri, près de Turin.
11 ne faisait au reste que suivre les traces de son père et de sa mère, morts l'un et l'autre sous l'habit religieux ; de ses frères et de ses soeurs, de ses fils et de ses filles engagés au service de Notre-Seigneur dans la pratique des conseils évangéliques ; car toute cette famille, remarque le P. Nadasi, peut paraître une famille religieuse. Au milieu de ses compagnons, le P. Augustin Centurione se montra le plus humble et le plus obéissant. 11 leur parlait de Dieu, du bonheur de le servir, de la vanité du monde, avec un accent qui les ravissait et les pénétrait de reconnaissance pour la grâce de leur vocation. Quand éclata la terrible peste de 1657 qui
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fit tant tle victimes : « Oh ! disait-il avec un admirable sentiment de foi ; oh ! combien est plus redoutable le ravage fait dans l'àme par un seul péché véniel » ! Ce grand serviteur de Dieu mourut après dix-huit mois seulement de noviciat, dans la soixante-treizième année de son âge.
Nadasi, Ann. dier. menior., 7^ nov., p. 264. — Drews, Fasti Soc. Jes., I^noi'., p. 436. — Patrignani, MenoL, 7 noi>., p. 37.