X NOVEMBRE
Le dixième jour de novembre rappelle la mémoire du F. Ange Valentino, Coadjuteur temporel, né à Casoria, dans le royaume de Naples. Il avait été envoyé au collège de Lecce dès le temps où il était encore novice ; il y vécut trente-sept années entières dans une si grande pureté de vie, qu'on le regardait comme un ange : ainsi vérifiait-il le nom qu'il avait reçu au baptême. Chargé de faire valoir les fermes du collège, il joignit toujours à une sollicitude extrême pour son emploi l'exemple d'une régularité parfaite, et les séculiers eux-mêmes étaient remplis à son égard de respect et d'admiration. Au milieu des distractions inséparables de ses travaux, il sut se maintenir dans la ferveur et la dévotion. Toutes les fois qu'il le pouvait, il revenait au collège reprendre la vie commune, et se montrait prêt à tous les offices qu'on voulait lui confier, sans répugnance, sans excuse. Animé de la plus tendre charité pour les autres, le F. Valentino était dur et austère pour luimême. Son abstinence était extrêmement rigoureuse ; on avertit même celui qui lui succéda dans son emploi, de ne pas le prendre pour modèle à cet égard. Dans sa vieillesse, la charité des supérieurs, sur le conseil des médecins, lui fit porter quelques douceurs ; l'humble religieux, par amour de la pénitence, n'en usa ja-
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mais ; et après sa mort, on les retrouva dans sa chambre comme il les avait reçues. Ce fidèle serviteur de Dieu mourut h Lecce en 1694. Il était âgé de cinquante-sept ans et en avait passé trente-huit dans la Compagnie.
Menol. Roniano, 10 nov.^ p. 142. — Guidée, Ménologc, 10 nov., p. 355. - Catal. Societ. {Archiv. Rom. ).
* Le dixième jour de novembre de l'an 1G30 mourut à Florence le P. Marcellin Albergotti, Recteur du collègo de cette ville, victime de son dévouement au service des pestiférés. Un sacrifice héroïque lui avait ouvert l'entrée de la Compagnie. Dans l'espoir d'ébranler sa résolution, son père et sa mère avaient obtenu du grand-duc de Toscane un ordre exprès qui lui enjoignait, s'il persistait à vouloir s'enrôler sous le drapeau de saint Ignace, de renoncer irrévocablement à l'héritage de ses ancêtres, avant même de prendre l'habit des novices. Le jeune Marcellin saisit avec transport une si belle occasion de se dépouiller pour Jésus-Christ, et de se soustraire d'un seul coup à toute pensée de revenir en arrière, et il signa sa renonciation avec la joie d'un captif qui briserait ses chaînes.
Trois traits principaux semblent avoir formé le caractère de la vertu du P. Albergotti : une confiance en Dieu sans bornes, une haine mortelle de son corps, et par-dessus tout un ardent désir de quitter ce monde pour échapper au péril de commettre le péché. A l'époque où il venait de se consacrer au service des malades