XVIII NOVEMBRE
Le dix-huitième jour de novembre de l'an 1640, mourut à Naples le P. Marc-Antoine Gapece, célèbre par les luttes qu'il soutint à l'âge de dix-sept ans pour sa vocation. Son père avait mis tout en œuvre pour l'ébranler ; mais quand il faisait briller à ses yeux l'opulent héritage de ses ancêtres et les honneurs dont l'appelait il jouir son droit d'aînesse, l'enfant se contentait de répondre, avec une douceur et une fermeté inébranlables, ces paroles du Roi-Prophète : a Dominus pars hsereditatis mess ! Le Seigneur est la part de mon héritage ». Il finit même par déclarer résolument, comme autrefois saint François d'Assise, que si de pareilles attaques se prolongeaient, il ne reconnaîtrait plus pour son père celui qui l'empêchait de servir uniquement son Dieu.
Cette victoire fut un prélude à deux autres non moins glorieuses qu'il remporta plus tard pour demeurer fidèle à la Compagnie. Deux de ses parents, évêques, l'un de Nicotera, l'autre de Gallipoli, lui offrirent tour à tour la succession de leurs évêchés, s'il voulait reprendre sa liberté ; ils s'engageaient à faire auprès du Souverain Pontife et du roi des Deux-Siciles toutes les démarches nécessaires. Le P. Capece refusa noblement ces propositions, préférant à toutes les grandeurs l'humilité de la croix. Il consuma sa
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longue vie dans les ti^avaux de l'apostolat et du gouvernement des Nôtres, et, pour prix de sa persévérance, il alla plein de joie se réunir à la Compagnie triomphante. Il était âgé de soixante-etonze ans, et en avait passé cinquante-quatre dans la religion.
ScHiNosi, IsLoria délia Provinc. di Napuli, t. l, p. 56. — Sotuellus, Biblioth., p. 579. — Sommervogel, Biblioth., t. 2, p. G97.
Le dix-huitième jour de novembre de l'année 1642, mourut à Lecce le P. Jean-Ange Ferrigno. Dans l'obscur enseignement de la grammaire, continué quarante années de suite, il s'acquit une telleréputation de sainteté que plusieurs ne craignaient pas de le comparer au Vén. P. Bernardin Realino, l'apôtre et le protecteur spécial de cette cité. Deux épreuves très douloureuses mirent le dernier sceau à sa vertu. II devint aveugle et en même temps son àme fut livrée en proie à une tempête de scrupules qui ne lui laissaient presque aucun repos ni jour ni nuit. Le P. Ferrigno courba la tête avec amour sous la main de Dieu qui voulait le purifier. II puisait sa force et sa consolation dans la prière et dans une humble soumission à la direction des guides de sa conscience. Plusieurs prodiges marquèrent ses funérailles. Les habitants de Lecce s'arrachaient les moindres objets qui avaient été à son usage, et quelqu'un, quarante-huit heures après sa mort, ayant poussé l'indiscrétion jusqu'à lui couper au pied un petit morceau de chair, il en jaillit un sang frais et vermeil.
520 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
ScHiNosi, Istor. délia Provinc. di Napol., t. 2, p. 14. — Patrignani, Menol., 4 maggio, p. 19. — Lettera scruta da Napoli al P. Assistente d'Italia, Napoli, 19 decemb. 1642. { Archiv. Rom. ). — Bel P. Gio. Angelo Ferrigno ( Histor. Provinc. Neapol. Archiv. Rom. ).