‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 242 sur 362 · XIX NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XIX NOVEMBRE

Le dix-neuvième jour de novembre de l'an 1705, mourut à Milan le P. Charles-Ambroise Gattaneo, justement regardé comme l'apôtre de cette ville, pour laquelle il épuisa littéralement sa vie. Toutes les conditions, depuis les hommes de peine et les marchands, jusqu'aux personnages les plus considérables par la naissance, le rang- ou la fortune, et aux âmes les plus avancées dans la perfection religieuse, étaient tour à tour l'objet de son zèle. Nul ne se lassait de l'entendre, tant il savait unir dans ses discours l'intérêt le plus vif à un profond sentiment de l'esprit de Dieu ; c'est aussi le double caractère que nous trouvons encore dans ses œuvres. Mais sa puissance éclatait surtout dans les congrégations de la sainte Vierge, qu'il dirigeait, et dans les Exercices de saint Ignace, qu'il donnait presque sans interruption, durant la plus grande partie de l'année. Il avait une si haute idée de l'importance de ce mo3'en de sanctification, et se dépensait avec si peu de ménagement pour en faire retirer aux Ames tout le fruit possible, qu'il en tombait parfois d'épuisement. Mais aussi ses deux belles congrégations des marchands et de la noblesse faisaient véritablement régner Dieu dans une multitude de familles à Milan. L'une des pratiques dont le P. Gattaneo avait établi l'usage A. I. — T. II. 66. 521

avec plus de succès, était celle de la retraite annuelle et de la retraite du mois, où la plupart des congréganistes venaient ranimer leur ferveur. Ce vaillant serviteur de Dieu mourut à l'âge de soixante ans ; il en avait passé quarante-quatre dans la Compagnie.

Patrignani, Menologio, 19 novembre, p. 144. — Mazzolari, Commentarii et Ellogia, p. 141. — Sommervogel, Biblioth., t. % p. 890.

* Le dix-neuvième jour de novembre de l'an 1637, à Trapani, en Sicile, mourut le P. Bernard Grescenzio, religieux également insigne, et par sa patience au milieu de longues et cruelles infirmités, et par son amour de Dieu et des âmes. Pendant trente-cinq années, il ne cessa d'être en butte à de violentes douleurs arthritiques, sans que les remèdes réputés les plus efficaces lui apportassent autre chose qu'un redoublement de souffrances. On croit qu'il avait demandé lui-même cette croix à Notre-Seigneur ; car elle s'aggravait d'une manière extraordinaire tous les vendredis. Le disciple de Jésus-Christ la portait vaillamment et joyeusement; il sollicita et obtint la permission de ne se soustraire à aucune des observances de la vie commune, tant qu'il pourrait se traîner, et de n'être dispensé d'aucun des ministères habituels de la Compagnie. Il disait lui-même que le travail endormait ses douleurs.

Dans un temps où la peste faisait de grands ravages à Trapani, il se jeta au plus fort de la contagion avec une intrépidité et un dévouement qui excitèrent l'admiration ; les magistrats de la cité lui confièrent le soin des pauvres et la surveillance du lazaret pu-

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