‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 260 sur 362 · XXVII NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XXVII NOVEMBRE

Le vingt-septième jour de novembre de l'an 1626, mourut au collège de Catanzaro le P. Pierre Mojo , né à Venosa, dans la Basilicate. Bien que sa modestie et son angélique pureté l'eussent déjà fait regarder, dès ses premières années de vie religieuse, comme le modèle des Scolastiques de Naples, son élévation au sacerdoce devint pour lui le point de départ d'une si haute sainteté, qu'il semblait n'avoir presque rien fait jusque là pour sa perfection . L'état de victime où il contemplait chaque jour Notre-Seigneur au saint Sacrifice, l'embrasa en effet d'un très ardent désir de lui ressembler ; plus il souffrait de douleurs ou d'humiliations, plus son visage rayonnait de joie. Au milieu des angoisses de son agonie, on entendit tout à coup le P. Mojo redire ces paroles de la mère du saint Précurseur : « Unde hoc mihi ut veniat Mater Domini mei ad me ? D'où me vient ce bonheur que la Mère de mon Dieu daigne me visiter » ? Et peu d'instants après il expira, dans la quarantième année de son âge et la vingt-troisième depuis son entrée dans la Compagnie.

Santagata, Istor, délia Provinc. di Napoli, t. 4, p. 412. A. I. T. II. — 70. 553

554 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

Le vingt-septième jour de novembre de l'an 1627, mourut au collège de Bari le jeune F. Scipion de Claris, à peine âgé de vingt-et-un ans. Il n'avait pas de plus ardent désir que de devenir un saint, par l'amour et l'accomplissement de toutes ses règles, sans aucune excuse ni respect humain. Il tenait pour suspecte toute piété dont la première maxime n'eût pas été d'accomplir parfaitement chacun de ses devoirs. Aussi le F. de Claris donnaitil déjà les plus belles espérances, lorsqu'il fut moissonné par la mort dès sa première année d'enseignement. Parmi ses vertus, une des plus remarquables était son égalité d'âme et son inaltérable sérénité de visage, quelques paroles de blâme ou de raillerie qu'il eût parfois à entendre. C'était le fruit de son attention à imiter la douceur et l'humilité de Notre-Seigneur. Comme on s'étonnait de ne le voir donner alors aucun signe d'impatience : « De deux maux, ne faut-il pas choisir le moindre ? répondait en souriant le F. de Claris; et l'impatience ne serait-elle pas un plus grand mal qu'un froissement de rien pour une parole » ?

Santagata, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 4, p. 443.

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