‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 269 sur 362 · H DÉCEMBRE. — P. RAPHAËL PINELLI · texte numérisé non relu

H DÉCEMBRE. — P. RAPHAËL PINELLI

Pour suppléer au petit nombre des missionnaires, le P. Almerici mit en honneur parmi les sauvages des Philippines une des plus belles industries de saint François Xavier ; celle des petits catéchistes, qu'il formait et envoyait de toute part enseigner la doctrine chrétienne aux catéchumènes, surtout aux vieillards, dont l'instruction lui eût demandé trop de temps. Ce fut lui encore qui développa le culte de Notre-Dame parmi les Espagnols et les Indiens. Il établit en particulier, à Manille et dans toutes les chrétientés qu'il administra, le pieux usage de saluer trois fois par jour, au son de la cloche, la très sainte Mère de Dieu. Par une coïncidence dont les esprits furent vivement frappés, comme d'une récompense sensible des deux grandes dévotions de toute sa vie, le P. Almerici rendit son âme à Notre-Seigneur le même jour que François Xavier, et au moment précis où, grâce à sa piété, toutes les cloches de Manille commençaient à sonner VAi>e Maria.

NiEREMBËRG, Vurones ilustres, 2^ édit., t. 3, p. 59. — Patuignani, Menolog., 2 dicemb., p. 33. — Littersn ann. Societ., anno 1602, p. 285.

Le deuxième jour du mois de décembre de l'an 1647, mourut à l'âge de soixante ans, au collège de Galtanisetta en Sicile, le P. Raphaël Pinelli. Il avait quitté le monde à vingt-deux ans, touché surtout de la patience que témoignaient alors, au milieu des persécutions, les Pères de la ville de Trapani, où il était né. Gomme les âmes généreuses, la vue des injures et des croix, loin de l'effrayer, l'attirait ; il se mit avec un grand courage à la suite de Jésus-Christ. Chargé de la procure et des métairies de

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plusieurs collèges, il ne reculait devant aucune peine pour servir Dieu parfaitement dans son office ; s'il lui restait quelques moments libres, il les consacrait de préférence aux pécheurs et aux mourants.

Cependant des infirmités cruelles l'assaillirent ; il les supporta sans se plaindre, et n'en demeura pas moins ferme au travail ; mais longtemps avant sa sainte mort, un mal étrange l'attaqua des pieds à la tête, et le réduisit à n'être plus qu'un homme de douleurs, étendu sur la croix. Ses articulations se durcirent comme la pierre ; puis peu à peu la gangrène s'y mit, et en fît le foyer d'une décomposition incessante dont nul remède humain ne put triompher. Bientôt même toute la chair des épaules, des flancs et des reins se fendit et s'en alla en lambeaux, laissant à nu les os et les muscles, qu'il fallut entourer d'un revêtement de charpie. En cet état, le P. Pinelli ne pouvait ni se soulever, ni écarter les insectes qui le tourmentaient, ni porter à sa bouche les aliments, ni se rendre le moindre service. 11 demeurait néanmoins toujours serein, même quand on lui appliquait le fer et le feu, sans se plaindre d'aucun oubli, négligence ou délaissement, et ne se lassait pas de louer Dieu.

Aguileha, Histor. Provinc. Sicul.^ t. 2, p. 494.

* Le deuxième jour de décembre de l'an 1726, à Sainte-Lucie, maison de campagne du collège de Mexico , mourut le jeune P. Pierre Speciali, d'Ancône, deux mois seulement après son élé-

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