II DÉCEMBRE. — P. PIERRE SPECIAL
vation au sacerdoce. Dès le premier éveil de sa raison, il s'était consacré ii Dieu et avait sanctifié son enfance par les pratiques de la prière et de la pénitence. Dès lors aussi, il veillait avec un soin jaloux sur le trésor de sa pureté. Assailli un jour par une violente tentation, il se jeta à genoux et fit le vœu de chasteté. Cet acte d'héroïque générosité lui assura pour toujours la victoire ; à partir de ce moment, il parut affranchi de la servitude des sens, et dans un corps fragile, il mena la vie d'un ange. A dix-sept ans, Pierre Specialr prit l'habit de la Compagnie parmi les novices de Saint-André, et avant la fin de ses études théologiques il obtint de s'embarquer pour les missions de la Nouvelle-Espagne. Mais Dieu, qui lui avait inspiré le désir de l'apostolat, se contenta de sa bonne volonté ; une maladie de poitrine l'enleva prématurément à l'âge de vingt-huit ans.
Le Ménologe de la Province de Mexique n'a pas laissé de garder avec respect sa mémoire ; car dans une si courte carrière, il avait donné des exemples de vertu et amassé des trésors de mérite, dignes d'une longue vie. Ses compagnons le regardaient comme une image vivante de Louis de Gonzague et de Jean Berchmans . Sa pauvreté était parfaite ; on n'eût pu trouver dans tout le collège une soutane plus vieille et plus usée que la sienne. Il pratiquait à la lettre l'obéissance que saint Ignace demande à ses enfants ; le Père Général l'avait autorisé à recevoir la prêtrise avant l'époque ordinairement en usage dans la Compagnie ; mais cette exception ayant paru ne pas agréer au Père Provincial, le F. Speciali fit sans hésiter à l'obéissance le sacrifice de son plus cher désir, et ne dit pas un seul mot pour incliner en sa faveur la volonté de son supérieur. Son union à Dieu était intime et continuelle ; elle
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avait même altéré sa santé. Les médecins lui ayant ordonné de se distraire, il s'efforça d'obéir ; mais la violence qu'il dut se faire pour se détourner de l'unique objet de ses affections, augmenta son mal, au lieu de le guérir, et les supérieurs durent lui permettre de se laisser aller à la pente de son cœur. Sa dévotion à la très sainte Vierge était très tendre ; il s'était par un acte authentique consacré à elle, pour l'aimer et la servir en qualité de son esclave perpétuel. Trois Pères qui avaient entendu à différentes époques la confession générale du P. Speciali, affirmèrent solennellement qu'il n'avait jamais perdu l'innocence de son baptême.
OviEDo, Menologio de los Varones mas sehalados ... de la Provincia . . . de Nueva-Espaha . . . ,1747 ; 2 diciembre, p. 203. — Alegre, Historia de la Compariia de Jésus en la Nueva-Espaha, Mexico, 1841 ; /. 3, p. 225.