XVI JUILLET. P. FRANÇOIS DE MALINES
à laquelle nous empruntons ces détails, François de Malines se distingua par une fidélité inviolable à toutes nos règles.
Pendant qu'il enseignait la théologie au collège de Turin, il reçut l'ordre de se rendre à Stockholm, pour achever l'œuvre de la conversion au catholicisme de la reine Christine de Suède. Ses grandes qualités et ses vastes connaissances le préparaient merveilleusement à cette œuvre délicate. Il était tout à la fois théologien et philosophe, littérateur et mathématicien ; il possédait à fond l'histoire ancienne et l'histoire moderne, et savait presque toutes les langues de l'Europe. Sa mission heureusement terminée, il revint en rendre compte au Souverain Pontife, en passant par l'Espagne ; puis il alla rejoindre la reine qui venait d'arriver en Belgique, et la suivit à Inspruck où elle fit son abjuration solennelle du luthéranisme ; il l'accompagna ensuite dans le double voyage qu'elle entreprit en France et en Italie.
Au milieu de tant de courses, le P. de Malines ne perdit rien de sa ferveur et de sa piété, et il reparut parmi ses frères aussi simple, aussi modeste, aussi scrupuleux observateur des moindres règles que s'il n'avait jamais quitté la maison. Après avoir de nouveau enseigné quelque temps la théologie, il fut chargé du gouvernement du collège soit comme Recteur, soit comme Préfet des études. Dans ce double emploi, qu'il exerça tour à tour et presque sans interruption jusqu'à la fin de sa vie, il ne laissait pas de travailler, autant qu'il lui était possible, au salut des âmes. Il avait une grâce particulière pour assister les moribonds et les préparer au redoutable passage. Dans la foule brillante qui se pressait à certains jours à son confessionnal, il aimait à voir des humbles et des petits, et c'est à eux qu'il faisait surtout bon ac-
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cueil. II était d'un caractère ardent et impétueux ; mais, à force de vigilance sur lui-même, il en avait si bien réprimé les saillies, qu'il était devenu toute douceur et toute suavité. Une maladie violente l'emporta en peu de jours ; les regrets unanimes des Nôtres, du peuple, de la noblesse et de la cour lui furent la plus belle des oraisons funèbres ; car il n'est personne, dit l'auteur de son éloge, qui à prendre l'ensemble de ses qualités, ne le comparât aux hommes les plus éminents. Le P. de Malines était âgé de soixantesept ans.
Summar. Vitœ { Arcliiv. Rom.}.
* Le seizième jour de juillet de l'an 1764, mourut à Pékin le F. Joseph Casïiglione, recommandable par son zèle pour les intérêts de la religion et par ses vertus religieuses. Il était doué d'un rare talent pour la peinture, et aurait pu se faire un nom parmi les artistes de son pays : l'amour de Jésus-Christ lui fit embrasser, à dix-neuf ans, l'humble degré des Frères Coadjuteurs dans la Compagnie. Envoyé peu d'années après en Chine, il passa la plus grande partie de sa vie au palais impérial, occupé aux travaux qui lui étaient demandés. Ce ne fut pas un léger sacrifice pour sa nature d'artiste de se dépouiller, en quelque sorte, de son éducation première, et de se renfermer dans les bornes d'une imitation servile. Mais le désir de venir en aide aux missionnaires, et d'obtenir quelque adoucissement aux édits de persécution contre notre sainte foi, le faisait triompher de toutes les répugnances. Il était aussi architecte. Ce fut d'après ses dessins que furent construits les