XIII DÉCEMBRE. — P. JEAN MONTIEL
Xavier, le sacrifice de ses derniers adieux à sa mère. Il disait humblement dans la suite que ce sacrifice avait sauvé sa vocation d'apôtre, en le dérobant aux périls d'une trop redoutable entrevue, tellement avaient été vives et profondes les émotions dont il s'était senti bouleversé, rien qu'en recevant par écrit, lors de son passa-' ge à Séville, la déchirante expression des plaintes et de la douleur maternelles. La traversée lui offrit bientôt d'autres épreuves ; son courage ne s'y fit pas moins admirer. Le galion des Philippines sur lequel il s'était embarqué, donna contre la côte dans une tempête, et se brisa. Beaucoup de passagers se noyèrent ; les autres gagnèrent le rivage, mais à demi-nus, sans abri, presque sans nourriture ; durant plus de deux semaines, la violence de la tempête ne permit pas de les secourir. Dans une position si misérable, le P. Montiel ne donna pas un signe d'impatience ni d'ennui ; il soutenait au contraire ses compagnons de naufrage par son aimable résignation à la volonté de Dieu. Un tel exemple peut faire comprendre cette parole si courte mais si pleine de sens, dite par nos Pères et Frères de Manille à la louange de ce saint religieux : a Jamais on ne l'entendit se plaindre de rien ».
Élevé au sacerdoce à l'âge de vingt-quatre ans, peu de mois après son débarquement à Manille, le P. Jean Montiel, bien que le plus jeune des missionnaires, fut envo^^é à sa grande joie dans la rude mission de Samboanga ; puis il reçut l'ordre d'accompagner le P. Alexandre Lopez et quelques Espagnols envoyés par le gouverneur des Philippines en ambassade auprès de Gorralat, sultan de Mindanao. Ge prince était un sectateur fanatique de Mahomet ; il avait annoncé hautement le projet d'égorger tous les prédicateurs de la foi comme des animaux immondes. Surpris en trahi-
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son loin des Espagnols, quatre jours seulement après son arrivée, le P. Montiel eut la tête fendue en deux par un Maure à coups de cimeterre; le roi de Buhayen, proche parent de Corralat, l'acheva en lui enfonçant dans le côté la lame de son criss ou poignard, au moment où le jeune martyr tout sanglant invoquait une dernière fois les noms de Jésus et de Marie.
Andrade, Varones ilustres^ nouvelle e'dit., t. 3, p. 274. — Alegambe, Mortes illustres, p. 705. — Patrignani, Menol., 13 dicemb., p. 111. — Nadasi, Annus dier. memorab., 13^ dec, p. Z11. — Drews, Fasti Soc. Jesu, 13^^ dec, p. 490. •— Velarde, Historia de la Provincia de Philipinas ...,/?. 247.