XIV DÉCEMBRE. P. HORACE DE' VECCHI
tenter, et dont il vint si heureusement à bout, remplissent un volume entier. Le peuple des huit quartiers de Naples, les soldats, les maîtres d'école, les prisonniers en ressentirent les premiers fruits ; de Naples l'œuvre s'étendit à Rome d'abord, puis dans toutes les capitales de l'Italie. Enfin trois des plus belles dévotions catholiques, au très saint Sacrement, à la Reine du ciel et aux saints Anges, refleurirent en grande partie par ses soins.
Quand la Congrégation générale se réunit pour nommer un successeur au P. Claude Aquaviva, le P. Spinelli, qui était alors Provincial de Naples, dut venir à Rome en qualité d'électeur. Il y fut bientôt assailli par une fièvre maligne, et il expira plein de joie et d'espérance, pendant qu'on récitait auprès de lui les prières de la recommandation de l'àme. Peu de temps après, son corps fut transporté à Naples, sur les instances du cardinal Philippe Spinelli, son frère, qui voulait reposer dans le même tombeau. Le P. Spinelli était âgé de soixante ans ; il en avait passé quarantedeux dans la Compagnie.
JuvENCius, Histor. Soc. Jesu, part. 5" , lib. 25, ^. 21, p. 895. — Patri- GNANi, Alenol., 14 dicemb.., p. 120. — Nadasi, Ann. dier. niemor., 14^ dec, p. 325. — Drews, Fnsti Soc, 14^ dec, p. 491. — Schinosi, Istor. délia Prov. di Napoli, t. 1, p. "ilï, 327, 386, 484; t. 2, p. 5, 146. — San- TAGATA, Istor. délia Prov. di Napoli, t. 3, p. 32, 37, 97, 493, 566, 575. — SoTUELLus, Biblioth., p. 658. — de Backeu. Biblioth., 1^''^ e'dit., t. 4, p. 679. — Barone, Vita del P. Pierantonio Spinelli, Napoli 1707.
* Le quatorzième jour de décembre de l'an 1612, mourut glorieusement au Chili, massacré par les barbares en haine de la foi, le P. Horace de' Vecchi, de Sienne, avec le P. Martin de Aranda et
le Frère Coadjuteur Jacques de Montalvan, Espagnols. Dès son noviciat à Saint-André du Quirinal, Horace de' Vecclii avait reçu l'assurance, après une communion fervente, qu'il aurait un jour le bonheur de répandre son sang pour le nom de Jésus-Christ. Quelques années plus tard, il s'embarquait pour les Indes occidentales. Après avoir terminé ses études à notre collège de Lima, il fut envoyé au Chili, et fît le premier apprentissage de son zèle à Arauco et dans les campagnes environnantes ravagées par une maladie contagieuse. Dieu voulut qu'il échappât au fléau ; il le réservait à de plus grands dangers et à une mort encore plus glorieuse.
Grâce à l'intervention du P. Louis de Valdivia, la paix avait été conclue entre les Espagnols et différentes tribus indiennes. Pour en assurer le maintien, il fut décidé que des Pères iraient prêcher l'Evangile à ces peuples. Le P. de' Vecchi fut désigné avec le P. de Aranda et le F. de Montalvan pour cette mission périlleuse. Mais un des chefs indiens av^ait reçu une injure dont il avait résolu de se venger. Trois de ses femmes s'étaient enfuies auprès des Espagnols ; ceux-ci les avaient fait baptiser, et avaient refusé de les lui rendre ; on pouvait tout craindre du ressentiment du barbare, bien qu'il s'appliquât à le dissimuler. Aussi plusieurs étaient-ils d'avis de remettre à un autre temps cette expédition, et de ne pas exposer les missionnaires h une mort trop certaine ; mais ces raisons parurent trop humaines au Père Provincial, Diego de Torrès. Le P. de' Vecchi et ses compagnons étaient prêts et n'attendaient que le signal pour se mettre en route ; toutefois, afin de rendre leur entreprise plus agréable à Dieu et plus méritoire pour eux-mêmes, ils prièrent les supérieurs de la leur imposer au nom de la sainte obéissance.