XIV DÉCEMBRE. — !'• HORACE DE' VECCIII
Ils étaient accoinpag-nés par plusieurs caciques qui ayiiient fait loyalement leur soumission. Les plus vives Jéino/nstralions de joie les accueillaient partout ; déjà ils condamnaient iétirs craintes et croyaient pouvoir s'abandonner à la confiance, quand le redoutable chef indien offensé se montre tout à coup à la tête de deux cents cavaliers, disperse ou tue les gens de leur escorte, et réclame impérieusement la proie qui lui a été ravie. Les missionnaires répondent que ces femmes sont chrétiennes, qu'ils ne peuvent les livrer. Alors le barbare leur fait briser la tête à coups de massue, percer le corps avec des lances et infliger mille outrages. La tradition rapporte que les hérauts de Jésus-Christ, la poitrine déchirée, le cœur arraché, ne laissèrent pas de prêcher encore la loi de Dieu, pour lequel ils enduraient la mort. Trente années après, à la conclusion définitive de la paix, les bourreaux des martyrs furent les premiers h accueillir la prédication de l'Évangile.
« Outre les vertus communes aux apôtres, dit le P. Jouvancy, à savoir, la science, l'amour de l'oraison, la soif du salut des âmes, le P. de' Vecchi se distinguait par une merveilleuse innocence dont il emporta la fleur au ciel, une dévotion extraordinaire envers la Reine des vierges, et une prudence qui le désignait aux plus hautes charges, s'il avait vécu ». II n'était âgé que de trente-cinq ans, et en avait passé quinze dans la Compagnie.
JuvENCius. Histor. Soc. Jes., part. 5» , lib. 23, §. 14, p. 746 seqq.
Alegambe, Mortes illustres, anno 1612, p. 270 seqq. — Nadasi, Ann. dier. memorab., 14^ dec, p. 324. — Drews, Fasti Soc. Jesu, 14» dec, p. 491. — NiEREMBERG, Vuroncs ilustres, nouv. édit., t. 4, p. 589, — Patrignani, Menol.^ 14 dicemb., p. 117. — Riio, variœ Virtut. Histor., p. 701.
624 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
* Le quatorzième jour de décembre de l'an 1642, mourut dans la maison professe de Naples le P. Evangéliste de' Gatïi, vénéré comme un saint par les trois grands serviteurs de Dieu, Jules Mancinelli, Vincent Carafîa et Marcel Mastrilli. Cependant Evangéliste de' Gatti avait longtemps fermé l'oreille à la voix de Dieu, qui l'appelait à la vie parfaite. 11 était un des avocats les plus applaudis du barreau de Naples, et ne pouvait se résoudre à renoncer à sa brillante fortune. Un jour, poursuivi par les pensées de sacrifice qui lassiégeaient sans cesse, il ouvrit au hasard l'Evangile pour y chercher l'expression de la volonté divine \ ses yeux tombèrent sur ces paroles du Sauveur : « Sequere me, et diinitte niortuos sepelire mortuos suos ; suivez-moi, et laissez les morts ensevelir leurs morts» (Matth., VIII, 22). Si concluante que parût l'épreuve, de' Gatti n'eut pas encore le courage de rompre ses chaînes ; il crut faire assez de s'appliquer à une vie plus chrétienne, et de consacrer sa parole à la défense des pauvres et des orphelins. Mais la grâce ne se contenta pas de ce compromis; elle ne lui laissa aucun repos. Enfin la très sainte Vierge vint elle-même lui porter le dernier coup, et entraîner sa volonté chancelante : « C'est l'ordre de Dieu, lui dit-elle, que vous le serviez dans une vie semblable à celle de mon Fils, chargée de douleurs et d'opprobres ». A cette parole souveraine, toutes les hésitations d'Evangéliste de' Gatti cessèrent ; il fit aussitôt le vœu d'entrer dans la Compagnie, et sollicita son admission. Avant de quitter pour jamais sa maison, il rassembla ses serviteurs, leur lava les pieds à l'imitation du divin Maître, leur demanda pardon de ses scandales, et à l'âge de trente-cinq ans, il alla s'enfermer au noviciat de Naples.