‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 307 sur 362 · XX DECEMBRE · texte numérisé non relu

XX DECEMBRE

Le vingtième jour de décembre de l'an 1698, mourut à Rome le P. Thomas Magni, confesseur et Père spirituel des Juvénistes de Saint- André, puis de tout le Collège Romain, pendant les vingttrois dernières années de sa vie. Le sacrifice qui lui avait coûté le plus jusqu'à son élévation au sacerdoce, était, disait-il, de n'avoir pu se livrer, selon toute la mesure de son attrait, à l'oraison, à la mortification et au zèle des âmes. Quand il eut fini ses études, les supérieurs lui accordèrent peu à peu une plus grande latitude ; il en profita libéralement. « Je ne crois pas, disait le P. Benoît Rogacci, qui le connut alors, je ne crois pas que le P. Magni cède jamais à aucune satisfaction naturelle ». Il semblait toujours en quête de quelque nouvelle industrie pour se tourmenter lui-même. A l'exemple de saint Pierre d'Alcantara, il entreprit une longue et douloureuse lutte contre le sommeil, et le réduisit h trois heures au plus passées sur une planche, ou sur un escabeau, les jambes étroitement liées. Son jeûne était celui de l'Eglise primitive ; il se bornait à un seul repas, souvent même à un seul morceau de pain et à un verre d'eau. Ainsi passait-il en particulier les trente jours du mois de juillet qui précèdent la fêté de saint Ignace. Sous ses vêtements intérieurs, il portait toute

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l'année une long-uc tunique de crins et une ceinture de fer à pointes aiguës, et ne les déposait que pour se flageller deux fois par jour ; pendant la licence des fêtes profanes, il multipliait ces pieuses rigueurs en esprit d'expiation.

Mais l'oraison rendait douces toutes ces souffrances au serviteur de Dieu. Après avoir donné aux Scolastiques et aux Frères Goadjuteurs du Collège Romain tout le temps dont ils avaient besoin pour les affaires de leur conscience, car c'était là sa mission, disait-il souvent, il consacrait à la prière tous les instants où il demeurait seul, et les quatre heures qu'il dérobait chaque jour à son repos. Aussi la lumière divine semblait-elle l'investir de toute part, ce qui le faisait appeler par le P. Piscicelli, un des plus habiles maîtres de la vie spirituelle que Rome possédât à la même époque, « l'homme de toutes les vertus ». Au jugement d'un autre, le P. Gurzio Sesti, le P. Magni avait porté ces vertus si haut, qu'il ne semblait j)as inférieur à plusieurs saints canonisés . Le P. Magni mourut dans la soixante-troisième année de son âge et la quarante-troisième depuis son entrée dans la Compagnie.

TuTii, Brevi raguagli. ..,/). 1-24. — Patrignani, Menol., 20 dicemb,, p. 168.

* Le vingtième jour de décembre de l'an 1724, mourut à Venise le P. André Alcenago, l'apôtre de cette ville pendant trente-cinq ans. Il avait d'abord demandé et obtenu la mission des Indes ; mais en arrivant à Gênes, le vaisseau sur lequel il avait espéré

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