XXI DÉCEMBRE. — P. FRANÇOIS SPARACINO. G
gloire à plusieurs de ses amis qui ne pouvaient se consoler de l'avoir perdu. Il avait passé quarante-huit ans dans la Compagnie ; il était Agé de soixante-dix ans.
Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 1, p. 538, 643 ; t. 2, p. 305
seqcj. — Nad.vsi, Ann. dier. mentor.^ SI» dec, p. 337. — Sotuellus, Bi-
blioth., p. 528. — Sommervogel, Biblioth.^ t. 2, p. 804. — Mongitore, Bibliotli. Siciil., t. 1, />. 369.
Le vingt-et-unième jour de décembre de l'an 1649, mourut dans la maison professe de Palerme le P. François Sparacino, émule par l'innocence, le zèle apostolique et la sainteté, du grand thaumaturge de la Sicile, Louis La Nuza, son intime ami. L'amour filial de la très sainte Vierge devint pour lui la source de tous les biens. 11 touchait à peine à l'adolescence, lorsqu'il fut un jour attiré, grâce à sa candeur, dans un piège infernal où toute fuite était impossible. Dès qu'il s'aperçut du péril, l'angélique enfant, bien résolu de souffrir la mort plutôt que de livrer le trésor de sa pureté, invoqua le secours de l'Immaculée Reine des vierges. A l'instant même, le tentateur, qui se croyait sûr de sa proie, fut frappé de paralysie, et tout tremblant se jeta à ses pieds en le suppliant de lui obtenir son pardon. Depuis cette merveilleuse délivrance jusqu'à sa mort, le P. Sparacino se voua sans réserve au culte de Marie. On remarqua que durant ses trente années d'apostolat dans toutes les parties de la Sicile, il ne montait pas une fois en chaire sans y rappeler quelqu'un des bienfaits ou des privilèges de Notre-Dame ; et il le faisait toujours avec transport et des fruits extraordinaires.
654 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
Mais les faveurs de sa divine protectrice ne le rendaient que plus humble et plus ennemi de son repos. Ses austérités rappelaient celles des anciens Pères du désert. L'usage du lit lui était inconnu, même dans les infirmités de la vieillesse, et il ne prenait un peu de sommeil qu'assis sur une chaise et tout habillé. Dieu permit souvent au démon de l'attaquer visiblement, de le souffleter, de le flageller, de le fouler aux pieds, de le traîner dans sa pauvre cellule et de le laisser gisant à terre, le visage livide et le corps en sang. Mais, comme saint Alphonse Rodriguez, il voyait alors apparaître Notre-Dame, qui le consolait et le guérissait. La maison professe de Palerme possédait une fameuse image de la Mère de Dieu, exposée tout au sommet du grand escalier. Ce fut elle qui, durant les tumultes populaires de l'année 1647, lorsque la multitude furieuse accourait au milieu d'une nuit terrible, agitant des torches ardentes pour brûler les portes de l'église et en piller les richesses, défendit à son serviteur de rien craindre. En effet, quand toute espérance humaine semblait perdue, la vue d'un simple congréganiste inconnu suffît pour apaiser, comme par enchantement, les flots de la populace en délire.
Le P. Sparacino mourut dans la soixante-cinquième année de son âge et la quarante-neuvième depuis son entrée dans la Compagnie.
SoTUELLUs, Bihlioth., p. 255. — de Backer, Biblioth., l'^ édit., t. 3, p. 705. — Aguileua, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 482, 536 seqq. — MoNGiTORE, Biblioth. Sicul., t. 1, p. 241.