‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 320 sur 362 · XXIV DÉCEMBRE. — P. JOSEPH LA MATTINA · texte numérisé non relu

XXIV DÉCEMBRE. — P. JOSEPH LA MATTINA

nos premiers Pères en Sicile ; précieux trésor de famille, et la plus riche source peut-être d'où fut tirée, un siècle plus tard, la belle Histoire du P. Aguilera.

Chargé de la procure dans un temps d'extrême détresse, le P. La Mattina vit un jour tous les Frères dont l'office était de pourvoir à la subsistance de la maison, se présenter à lui dès le matin, et déclarer qu'il ne restait plus aucune provision d'huile, de vin, de blé, ni d'aucun autre aliment, pour une durée de vingtquatre heures. Le P. La Mattina priait en ce moment-là même saint Ignace de venir au secours de ses enfants. A une si pénible nouvelle, sentant au plus intime de son Ame que le défaut de tout secours humain rendait plus assuré le secours de Dieu, il célèbre avec une confiance inébranlable le saint Sacrifice ; puis il va frapper à la porte, non des amis et des bienfaiteurs de la Compagnie, mais de personnes qui devaient être, ce semble, indifférentes et dont le nom lui était à peine connu. Il leur expose humblement ses besoins, reçoit de toutes l'accueil le plus bienveillant accompagné de généreuses promesses; et quand il rentre vers l'heure de midi, il trouve apportées déjà de différents côtés de larges aumônes en provisions de toute nature et même en argent.

Dans une autre circonstance, pour écarter des siens les fureurs d'un peuple en délire, le P. La Mattina, la tête couronnée d'épines, la corde au cou, les épaules déchirées par une cruelle flagellation, eut encore avant tout recours à Notre-Seigneur ; et sa prière ne fut pas moins complètement exaucée . Enfin , dans l'instant même où il rendait le dernier soupir, son Ame fut vue toute éclatante de gloire et montant aux cieux, pour y célébrer parmi les anges la fête de Noël, qu'il avait coutume de célébrer sur la terre

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avec un incomparable amour pour l'Enfant Jésus. Il était Agé de soixante-treize ans et en avait passé cinquante-quatre dans la Compagnie.

Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 1, p. 404 ; t. % p. 198. — Som- MERvoGKL, BïbUoth., t. 5, p. 739.

* Le vingt-quatrième jour de décembre de l'an 1658 mourut à Rome le P. Pierre Gravita, plus connu peut-être sous le nom de Ga- RAViTA. 11 appartenait à une famille aisée de Narni et était fils unique. Lorsqu'il entra dans la Compagnie, à l'âge de dix-sept ans, son père et sa mère accoururent à Rome, pour l'arracher coûte que coûte à sa vocation. Après un assaut inutile, comme ils priaient l'un et l'autre dans l'église du noviciat, au moment où les novices y entraient pour la récitation des litanies, la mère fut si touchée de la modestie et de la sérénité joyeuse qui rayonnait sur le visage de ces jeunes gens, qu'elle se trouva complètement changée, et demanda pardon à Dieu d'avoir voulu priver son fils d'un tel bonheur ; elle n'eut pas de peine à faire partager les mêmes sentiments à son mari, et tous deux vouèrent dès lors une afl'ection et un dévouement sans bornes à la Gompagnie ; leur maison à Narni devint l'hôtellerie où tous les enfants de saint Ignace qui passaient par cette ville, devaient s'arrêter; pour qu'on la reconnût plus facilement, ils firent graver en grandes lettres au-dessus de la porte d'entrée le nom de Jésus.

Après ses études et une régence de trois années, Pierre Gravita s'occupa du ministère apostolique. Deux œuvres principales, encore

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