‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 321 sur 362 · XXIV DÉCEMBRE. P. PIERRE GRAVITA · texte numérisé non relu

XXIV DÉCEMBRE. P. PIERRE GRAVITA

subsistantes en partie, qui ont produit dans Rome un bien immense, celle de l'Oratoire de Saint-François-Xavier ou du Garavita, et celle de la Congrégation dite de la Communion générale, furent le fruit de son zèle. Les portes de l'Oratoire étaient ouvertes tous les jours, à la tombée de la nuit aux hommes qui désiraient prendre part aux exercices de piété et de pénitence qui s'y pratiquaient ; des prêtres s'y tenaient prêts à entendre les confessions. Dieu sait combien de pécheurs ont retrouvé la grûce dans ce sanctuaire béni. Le dimanche et les jours de fête, la chapelle était réservée aux membres de la Congrégation de la Communion générale, composée surtout d^horames du peuple, pères de famille, chrétiens fervents qui non contents de faire régner. Dieu à leur foyer, travaillaient à lui gagner des âmes autour d'eux et se faisaient les dévoués auxiliaires du Père, dans l'œuvre propre de la Congrégation. La communion générale avait lieu le dernier dimanche du mois, tantôt dans une église de Rome et tantôt dans une autre; elle était précédée d'une sorte de mission, catéchisme, prédications, où les congréganistes avaient pour rôle d'attirer la foule; le jour de l^ fête, ils se rendaient processioilnellement, au chant des cantiques, à l'église indiquée ; et. l'exemple de cette nombreuse phalange avait une puissance incro3^able pour entraîner les timides et les irrésolus. Cette œuvre si belle devint rapidement populaire à Rome; bien vastes devaient être les églises, dit le P. Cordara, pour contenir la foule de ceux qui, prenaient, part au banquet eucharistique.

Ces deux institutions étaient loin d'épuiser le zèle du P. Gravita. Un de ses successeurs, le P. Caprini, dans une déposition qui se •conserve encore aux archives de la Compagnie, l'appelle «l'homme A. I. — T. II. — 8îi.

des bonnes œuvres ». En effet, toutes les nécessités spirituelles et temporelles du prochain étaient l'objet de sa sollicitude. Il établit encore deux autres congrégations, l'une dite des apôtres et composée de laïcs, l'autre formée des prêtres les plus fervents de Rome ; il fonda une maison de refuge pour les jeunes fdles en danger ; il retira du désordre une multitude de femmes de mauvaise vie; il instruisit et convertit un grand nombre de juifs et de mahométans; il était toujours prêt à répondre à l'appel des moribonds, dont beaucoup considéraient son assistance comme un gage de salut ; il visitait assidûment les prisons, où il introduisit la pratique de la communion générale ; il préparait les condamnés à mort à paraître devant Dieu ; il secourait les pauvres avec un empressement et une libéralité que rien ne lassait ni n'épuisait.

Incalculables sont les aumônes, disent les témoignages contemporains, qu'il répandit pour venir en aide à leur détresse. Si on l'appelait « le père des bonnes œuvres », on le nommait encore plus souvent « le père des pauvres » ; il vénérait en eux la personne même de Notre-Seigneur ; il leur baisait la main quand il les rencontrait, comme il aurait fait à un prélat ou à un prince. Deux cents malheureux. Polonais pour la plupart et Ruthènes schismatiques, faits prisonniers par les Turcs et condamnés aux galères, étaient parvenus à s'échapper sur le vaisseau même qui leur servait de prison, et après mille souffrances, étaient arrivés à Rome, dans le dénuement le plus complet. Le P. Gravita, aidé de ses congréganistes, vint à leur secours ; il leur procura le vivre et le couvert, et non content de ces bons offices prodigués à leurs corps, il entreprit de sauver leurs âmes ; il eut le bonheur de ramener tous les dissidents à l'unité de l'Église Romaine ; il les renvoya ensuite dans

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