‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 328 sur 362 · XXVII DÉCEMBRE. — F. NOËL VITA · texte numérisé non relu

XXVII DÉCEMBRE. — F. NOËL VITA

lant apôtre ouvrit, avec la permission de ses supérieurs, pour les jeunes Scolastiques de la Compagnie, une académie de langues africaines, afin de se préparer ainsi des successeurs. En même temps, il obtint de larges aumônes des opulentes chapellenies de Saint-Jacques des Pisans, et de Saint-Georges des Génois, pour racheter les chrétiens captifs, sujets des Républiques de Pise et de Gênes. Enfin la confrérie du saint Sacrement lui offrit environ six mille écus pour fonder un collège ou du moins une mission permanente de la Compagnie dans quelqu'une des villes barbaresques ; mais avant que les obstacles de tout genre à une institution si importante fussent aplanis, après quarante années de vie religieuse, le P. Manieri alla recevoir la couronne de ses grands travaux, qui l'ont fait appeler par un des historiens de sa patrie, « l'homme particulièrement choisi de Dieu pour conserver et faire fleurir la foi de Jésus-Christ sur le littoral africain » .

Santagata, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 3, p. 504.

Le vingt-septième jour de décembre, l'an 1642, mourut très saintement au collège de Palerme le Frère Goadjuteur Noël Vita, né à Sciacca. Ses frères ne le connaissaient guère pour la plupart que comme un religieux irréprochable et très laborieux, dont on paraissait d'autant plus mériter la reconnaissance qu'on lui imposait de plus durs travaux. L'ardeur avec laquelle il se fatiguait à entretenir la propreté, selon son office, l'avait même fait surnommer par eux, en riant, Vennemi mortel des araignées. Mais ils

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apprirent après sa mort et par la bouche de ses supérieurs, que la Province comptait alors peu d'hommes d'une aussi haute vertu. Tous les mouvements de son corps, toutes les pensées de sort âme, avaient uniquement l'amour de Dieu pour but et pour mobile. Son dépouillement de toute chose allait jusqu'à n'avoir pas même de chambre qui fût à lui. Le soir, il se retirait n'importe où, dans le premier coin venu d'un grenier, d'un dessous d'escalier, d'un lieu de passage ; et il prenait garde de ne pas revenir trop souvent de suite à la même place, de peur, disait-il en rendant compte de sa conscience, de finir par s'y affectionner. Il passait la plus grande partie de ses nuits et quelquefois la nuit entière, devant le saint Sacrement, et se permettait tout au plus de prendre quelques moments de sommeil et de repos.

Notre-Seigneur fit connaître en plusieurs rencontres combien la dévotion de cet humble Frère lui était chère. La grâce la plus extraordinaire dont il le favorisa, fut celle que raconta plus tard en ces termes le P. Joseph Landolina : « J'ai rempli sept années de suite, écrit-il, la charge de Ministre au collège de Palerme ; et chaque jour de fête, c'était moi qui donnais la sainte communion à nos Frères Goadjuteurs, parmi lesquels se trouvait Noël Vita. Or, chaque fois que venait son tour, le Sauveur n'attendait pas que je pusse approcher de sa langue la sainte hostie ; mais celle-ci s'échappait de mes mains, et d'elle-même volait vers ces saintes lèvres ouvertes pour la recevoir. Cela me parut d'abord l'effet du hasard, et je résolus de serrer désormais plus étroitement le pain des anges, mais je ne pus jamais y parvenir. Ce n'est pas une fois, c'est bien plutôt mille, que j'ai vu et senti s'échapper ainsi de mes mains le corps du Sauveur : merveille d'amour que je ne

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