XXVII DÉCEMBRE. — P. IGNACE FOLLI. G
puis ni raconter ni me rappeler sans en être encore ému jusqu'aux larmes ».
Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 405 seqq.
* Le vingt-septième jour de décembre de l'an 1746, mourut à Plaisance le P. Ignace Folli, vénéré comme un saint par les Nôtres et par les étrangers. 11 était depuis trente-quatre ans au collège de Plaisance, où il avait été envoyé h. cause de sa santé. En lui interdisant les ministères qui entraînent de grandes fatigues, la faiblesse de sa complexion ne l'empêcha pas de travailler d'une manière très utile à la gloire de Dieu et au bien des âmes. Sa direction au tribunal de la pénitence était si ferme, que nul, disait-on, ne la suivait longtemps, sans passer d'une vie imparfaite à une vie sérieusement chrétienne ; nombre de prêtres l'avaient choisi pour le guide de leur conscience ; et enflammés par ses exhortations, se consacraient ensuite avec plus de zèle et de fruit aux ministères de leur vocation.
En dehors du temps qu'il donnait aux âmes, le P. Folli demeurait tout le jour dans sa chambre, occupé à lire ou à prier. Son union à Dieu était intime et continuelle ; il l'entretenait par l'habitude du recueillement et du silence, et une abnégation de tous les moments. 11 semblait mort à toute satisfaction des sens, et ne pensait pas même à prendre les plus vulgaires précautions contre les chaleurs de l'été ou les froids de l'hiver. Toujours renfermé au collège, il n'hésitait pas cependant à sacrifier son amour de la
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solitude aux exigences et aux délicatesses de la charité ; et son supérieur nous apprend que lorsque quelque Père étranger passait à Plaisance, le P. Folli s'empressait de s'offrir à lui pour lui servir de compagnon.
Sanctifié par l'exercice de ces vertus humbles et cachées, le serviteur de Dieu vit approcher avec une joie extraordinaire l'heure bienheureuse où il allait quitter ce monde : « Oh ! quelle est belle la mort » ! disait-il souvent ; et l'âme inondée de consolations, il s'endormit dans le baiser du Seigneur. Il était âgé de soixantequatorze ans, et en avait passé cinquante-neuf dans la Compagnie.
Lettre circulaire du P. Pompée Sergiusti, Piacenza, 29 décembre 1749. ( Archiv. Rom. ).