‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 333 sur 362 · XXIX DÉCEMBRE. — P. OCTAVE BECCARINI · texte numérisé non relu

XXIX DÉCEMBRE. — P. OCTAVE BECCARINI

milieu des charges qu'il eut à remplir dans sa Province, il se tenait sincèrement pour le serviteur de tous ; il était sans cesse en quête des occasions de s'abaisser, de se renoncer. Il aimait à voir les gens de basse condition autour de son confessionnal. Des dames du grand monde lui firent exprimer le désir de se mettre aussi sous sa direction ; mais il leur répugnait, disaientelles, de se mêler à la foule; l'homme de Dieu leur répondit que les âmes des pauvres avaient été rachetées comme celles des riches par le sang de Jésus-Christ, et qu'il ne pouvait en délaisser aucune. Il allait souvent dans les hôpitaux instruire les malades, les consoler, les préparer au dernier passage ; il eut la joie d'associer à ce ministère de charité un grand nombre de seigneurs et de dames du plus haut rang. Les prisonniers et les condamnés à mort étaient encore l'objet de son zèle ; sous l'influence de sa parole et de la grâce du Saint-Esprit, ces malheureux étaient transformés en d'autres hommes ; on en vit un jour quatre à la fois marcher à l'échafaud avec une véritable allégresse.

Une multitude de mendiants encombraient les rues de la ville, livrés à l'ignorance et à tous les vices ; ils n'entraient dans les églises que pour y fatiguer les fidèles de leurs sollicitations. Le P. Beccarini entreprit de les instruire ; par l'appât d'une légère aumône, il les attira auprès de lui, et bientôt leur nombre devint si considérable, qu'il se vit obligé de les diviser en deux groupes. II continua de longues années cet humble et laborieux ministère. Mais ses forces s'étant affaiblies avec le temps, les supérieurs lui donnèrent un successeur. Le saint vieillard, toujours avide de s'humilier et de se dépenser, tant qu'il lui resterait un souffle de vie, chercha alors d'autres détresses à secourir. Il avait

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remarqué que les palefreniers se réunissaient en grand nombre les jours de dimanche et de fête dans les écuries du duc de Mantoue ; pour les soustraire autant que possible aux dangers du jeu et des mauvais discours, il demanda et obtint la permission d'aller leur parler de Dieu et de leurs devoirs, et ces gens grossiers l'écoutaient pour la plupart avec respect et attention.

Tout le temps qu'il ne donnait pas au prochain, le P. Beccarini le consacrait à l'oraison. Quand on entrait dans sa chambre, on le trouvait presque toujours à genoux ; sa vie était une prière continuelle, dit son biographe, et il ajoute : « Je n'ai jamais connu d'homme qui parlât mieux et plus souvent de Dieu ; il semblait alors parler sa langue propre. Ses discours au reste n'avaient rien d'importun, tellement il savait les amener à propos et y mettre de charme et d'intérêt ». Le P. Beccarini s'endormit doucement dans le Seigneur, entouré des témoignages de la vénération universelle, dans la soixante-quatorzième année de son âge et la cinquanteneuvième depuis son entrée dans la Compagnie.

Elogium P. Octavii Beccarini ( Archiv. Rom. Necrolog. Provinc. Venet. - Patrignani, Menol., 29 die, p. 235.

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