XXX DÉCEMBRE. — P. STANISLAS-MARIE SALINA
à de dangereuses tentations; grâce à l'assistance de la très sainte Vierge, à laquelle il s'était consacré dans la belle congrégation dite de la Ferveur, et à celle de saint Stanislas Kostka, il en sortit toujours victorieux, et garda l'innocence de son baptême. Mais quelle énergie n'eut-il pas à déployer pour sauver son trésor ! Un malheureux jeune homme l'avait un jour surpris seul à la campagne ; la fuite et la résistance semblaient également impossibles. Stanislas Salina se recommanda d'abord à sa Mère, la Reine des anges ; puis apercevant à quelque distance un bourbier infect, il y courut résolument, et avec un courage héroïque il souilla tout son visage de cette corruption ; et se montrant à son ennemi, il le fît reculer d'horreur et de dégoût.
La vie religieuse dans la Compagnie fut le prix de cette victoire. Stanislas Salina y porta la même générosité d'âme et l'inébranlable résolution de se sanctifier par l'humilité, l'abnégation, le détachement de toutes les créatures. Après avoir longtemps sollicité les missions les plus abandonnées des Indes, parce qu'il se jugeait inutile en Europe, il fut envoyé sur les côtes barbaresques travailler au rachat des esclaves chrétiens. Il vint de là au collège de Salemi, et y consuma le reste de sa vie dans les différents ministères de notre vocation. 11 avait toujours eu une tendre dévotion à saint Stanislas ; on assure que cet aimable protecteur descendit lui-même à son lit de mort l'inviter à monter avec lui dans la gloire. Ce qui est certain, dit l'auteur de son éloge, c'est que sa langue, enchaînée par la paralysie, redevenait libre dès qu'il s'agissait de prononcer les noms de Dieu Notre-Seigneur, de la très sainte Vierge et de son angélique patron. Les habitants de Salemi lui firent des funérailles magnifiques et portèrent à travers les
700 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTAUE.
rues de leur cité sa précieuse dépouille, en l'acclamant comme un saint. Le P. Salina était âgé de cinquante-huit ans et en avait passé trente-neuf dans la Compagnie.
Litterœ annuae Provinc. Sicul. { Archiv. Rom. }.
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