‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 49 sur 362 · XXVI JUILLET. — P. JEAN SORMANI · texte numérisé non relu

XXVI JUILLET. — P. JEAN SORMANI

et préservées du vice, fut le fruit des aumônes d'une de ses riches pénitentes, qu'il avait enflammée du désir de se montrer libérale envers Dieu. Depuis longtemps, le P. Via témoignait une dévotion toute particulière à sainte Anne. Aussi sa mort en ce jour parutelle un gage assuré que cette céleste patronne lui avait obtenu de célébrer sa fête dans le ciel. On raconte même qu'au moment où il allait rendre le dernier soupir, Notre-Dame vint le remercier de l'amour qu'il avait témoigné à sa sainte mère, et le conduire vers elle dans le paradis.

Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 1, p. 534.

* Le vingt-sixième jour de juillet de l'an 1810, mourut à Rome le P. Jean Sormani, de Milan. Il est le premier Jésuite que la Compagnie, nouvellement rétablie au royaume de Naples, envoj'^a prendre place dans les rangs de la Compagnie triomphante. Après de brillantes et solides études couronnées par le sacerdoce et les insignes de docteur en théologie, Jacques Sormani, désireux d'une perfection plus haute, avait résolu de s'engager à la suite de Jésus-Christ sous la bannière de saint Ignace. Mais la guerre, soulevée depuis longtemps contre cet Ordre, était alors dans sa plus grande violence, et tout faisait prévoir une catastrophe prochaine. Le jeune prêtre fut donc obligé de rester dans le monde. Il remplit à Milan différentes charges importantes, avec un zèle apostolique et de grands fruits de salut pour les âmes, constamment honoré de la confiance de l'archevêque et vénéré par tout le peuple.

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Cependant ses désirs de vie religieuse étaient toujours vivants dans son cœur. Déjà il touchait au déclin de l'âge, lorsqu'il apprit que la Compagnie de Jésus se reconstituait dans le royaume de Naples. Aussitôt, malgré ses soixante-quatre ans, il sollicita son admission. Emus d'une prière si touchante, les supérieurs ne crurent pas devoir lui opposer un refus, et le bon vieillard accourut plein de joie courber ses épaules sous le joug de la religion. Il commençait h peine à en sentir la douceur, que les Jésuites de Naples furent chassés par l'invasion française. Le Vén. P. Pignatelli réunit les exilés à Rome dans l'hospice de Saint-Pantaléon, construit au lieu même, où s'élevaient autrefois les prisons des confesseurs destinés aux bêtes de l'amphithéâtre. C'est là que le P. Sormani passa ses dernières années, dans la pratique de toutes les vertus religieuses, occupé aux ministères que son âge et les circonstances difficiles où l'on se trouvait, lui permettaient d'exercer. Il venait un jour de parler sur la mort dans une réunion pieuse, quand il entendit au fond du cœur une voix intime qui lui disait : « C'est à toi que ces paroles s'adressent ; prie pour ta mort ». Et en effet, il tomba malade peu après. Quatre longs mois de souffrances endurées avec un invincible courage, mirent le dernier sceau à sa vertu. Sur le point de mourir, il protesta avec larmes que dans ce moment redoutable, rien ne lui donnait plus de consolation et plus d'espérance de son salut, que de mourir dans la Compagnie. Il était âgé de soixante-neuf ans et en avait passé cinq parmi les enfants de saint Ignace.

LUter. ann, {Archiv. Rom., notes du P. Boero j.

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