XXXI JUILLET. — P. FERDINAND CAPECE
Le trente-et- unième jour de juillet de l'an lb86, à Kolosvvar en Transylvanie, mourut le P. Ferdinand Capece, victime de son dévouement au service des pestiférés. Il était né de l'illustre famille napolitaine du même nom, qui, dans l'espace de moins d'un siècle, donna quatre glorieux enfants et un martyr à la Compagnie; orné des qualités les plus brillantes, il s'était vu à dix-huit ans surnommer un nouveau Pic de la Mirandole. Mais tous les trésors de la science et de la noblesse n'avaient pu lui enfler le cœur ; et peu d'années après, devenu religieux de la Compagnie, il se montrait bien plus heureux d'être appelé le serviteur et le portefaix du Collège Romain, tant il était ingénieux à se réserver les plus basses corvées. Pour prix de sa générosité à s'humilier et à se vaincre, Notre-Seigneur lui accorda dès lors, malgré sa jeunesse, l'insigne honneur de jeter les fondements du Collège Anglais, d'en réunir les premiers élèves, de les préparer par ses leçons à combattre pour Jésus-Christ jusque sur les échafauds de Tyburn, et de voir le Souverain Pontife Grégoire XIII assurer l'avenir de cette magnifique pépinière d'apôtres et de martyrs,' qui devaient sauver la foi dans l'Ile des saints. Le seul vœu du P. Capece eût été d'aller s'exposer lui-même à la rage d'Elisabeth et de ses bourreaux; mais malgré ses prières et ses larmes, il ne put jamais en obtenir la réalisation. La douleur qu'il en ressentit fut si vive, qu'il lui fallut pour la calmer l'assurance formelle, reçue de la bouche même du vicaire de Jésus-Christ, que loin des chaînes et des tortures, il travaillait plus efficacement, par la préparation de nouveaux athlètes, au service et à la gloire de Dieu.
Cependant la mission naissante de Transylvanie réclamait à sa
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tête un homme de premier mérite, capable d'organiser et de diriger, parmi tant d'éléments confus de sectes et de nationalités différentes, l'œuvre du triomphe de la foi. Ferdinand Gapece fut choisi par le P. Claude Aquaviva. L'une de ses premières conquêtes, avant d'être arrivé au terme de son voyage, fut, en traversant Cracovie, celle d'un riche hérétique polonais, qui chaque année entretenait en Italie plusieurs jeunes gens, lesquels sous prétexte d'études, devaient répandre les nouvelles erreurs parmi la jeunesse des écoles. Mais au milieu des plus beaux triomphes de l'homme de Dieu, au moment où Etienne Bathori se préparait à lui confier l'éducation du prince de Transylvanie son neveu, la peste éclata tout à coup dans Koloswar, et peu de jours après, le P. Capece fut frappé au lit d'un mourant. Plusieurs seigneurs de la première noblesse assurèrent qu'à l'heure même où il venait de rendre le dernier soupir, ils avaient vu son âme monter au ciel parmi les chœurs des esprits célestes; ^tous ceux qui l'avaient connu, jusqu'aux ennemis les plus acharnés de la foi, se redisaient les uns aux autres : a Puissent nos âmes partager un jour le sort du P. Capece » !
Sacchinus, Hislor. Societ. Jes.^ part, 5», l. 6, n. 34, p. 286. — Litter. atin. Societ., anno 1586, p. 151. — Nadasi, Anii. dier. memor.., 31^ y«^-, p. 71. — Alegambe, Heroes et Vie tint, charit., anno 1586, p. 82. — Patrignani, MenoL, 31 luglio, p. 249. — Matth. Tanner, Societas Jesu Apostolor. imitatr., p. 212. — Schinosi, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 1, p. 486.
Le trente-et-unième jour de juillet de l'an 1630, à Castiglione, le P. Pierre Giustinelli couronna, par la mort glorieuse des martyrs