XXXI JUILLET. — P. JÉRÔME LELIO
330. — Tanner, Soc. Jes. Apostol. imilatr., p. 602. — Nieremoerg, Varones ilustres, t. 3, p. 369. — Aguilera., Histor. Provinc. SicuL, t. 1, p. 293.
* Le trente-et-unième jour de juillet de l'an 1619, à Policoro, fief du collège de Naples dans la Basilicate, mourut le P. Jérôme Le- Lio, consumé avant le temps par l'ardeur de son zèle. Il était entré dans la Compagnie à l'âge de trente ans. Aussitôt après son noviciat, il fut appliqué au ministère des missions. Il parcourut tour à tour les différentes provinces du royaume, et surtout les Calabres et la Basilicate, où les évoques l'appelaient à l'envi pour travailler à la réforme de leurs peuples. Ils l'avaient en très haute estime et n'hésitaient pas à proclamer, que par son détachement de toutes choses, sa charité, ses désirs insatiables de bannir du monde l'offense de Dieu, il était le digne imitateur de saint Ignace et de saint François Xavier.
Le P. Lelio s'attachait de préférence aux plus insignes pécheurs. Pour les arracher à leurs désordres et à l'enfer, il n'épargnait ni les jeûnes, ni les oraisons prolongées ; car il était persuadé que rien n'était plus agréable à Dieu, et plus glorieux à sa miséricorde infinie. Les relations de ses missions sont pleines du récit de conversions extraordinaires d'hommes perdus de crimes, qui semblaient déjà la proie des démons, et qu'il ramena repentants et transformés aux pieds du Sauveur. Dans les cas désespérés, c'est aux âmes du purgatoire que le P. Lelio aimait à recourir ; il avait pour elles la plus tendre compassion ; il leur abandonnait le mérite de ses pénitences et du saint sacrifice de la messe ; il intéressait les fidèles en leur faveur, et propageait partout cette belle
116 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
dévotion. Aussi on assure qu'il n'eut presque jamais recours à leur intercession sans être exaucé. Ce fidèle serviteur de Dieu donnait une mission à Marsico Nuovo, lorsqu'il fut arrêté par la maladie. Transporté à Policoro, il y mourut saintement dans la quarante-cinquième année de son âge et la quinzième depuis son entrée dans la Compagnie.
Santagata, Istoria délia Provinc. di Napoli^ t. 4, p. 125,
* Le trente-et-unième jour de juillet de l'an 17b0, fête de notre Bienheureux Père, mourut au collège de Trapani le P. Jérôme Pe- CORG, d'une noble famille de Piazza en Sicile. Il s'était distingué par un grand esprit de foi, un zèle ardent pour sa perfection et le salut des Ames, une tendre dévotion à saint Ignace, et un amour de la solitude et du silence qui allait même jusqu'à l'exagération. Tout son bonheur était de rester dans sa cellule, occupé à prier ; il n'en sortait que pour assister les moribonds ou entendre les confessions. Cette vie austère, toute de prière et de recueillement, lui avait concilié à Trapani et aux environs, la réputation d'un saint. Une circonstance extraordinaire vint y ajouter un éclat nouveau.
Un pauvre marinier, son pénitent, souffrait depuis longtemps d'étranges douleurs ; cet homme vint le trouver, lui demandant quelque remède à son mal. « Ayez bon courage, lui répondit le serviteur de Dieu ; bientôt vous obtiendrez ce que vous désirez. Quand viendra sa fête, saint Ignace nous traitera, vous et moi, de la meilleure manière que nous puissions souhaiter ». Cette prédiction.