XXXI JUILLET. — P. JÉRÔME PECORO
un peu vague encore en ce qui le concernait personnellement, se précisa peu à peu, et on sut enfin, à n'en pas douter, qu'il avait parlé de sa mort prochaine. En effet, il ne tarda pas à tomber malade; le danger parut même si grave, qu'on lui donna les derniers sacrements. Mais la fête de saint Ignace était encore assez éloignée, et le P. Pecoro affirma qu'il ne mourrait pas auparavant. Le bruit de cette double prédiction s'était répandu dans Trapani et les campagnes environnantes ; tous les esprits étaient dans l'attente. Le 31 juillet, avant l'aurore, les habitants de San Giuliano, petite ville distante de trois ou quatre lieues, sortirent de leurs demeures, raconte la notice du P. Pecoro, et prirent le chemin de Trapani, pour voir si la cloche du collège annoncerait la mort de l'homme de Dieu. Soudain le glas funèbre se fait entendre, et les cloches de toutes les églises lui font écho. Le P. Pecoro venait de rendre le dernier soupir, ainsi qu'il l'avait annoncé. Alors la piété des fidèles ne connut plus de bornes ; dans son désir d'avoir des reliques, la foule se porta à des excès qui se renouvelleront dix ans plus tard à Naples, à la mort du P. François Pepe. Après avoir pillé les fleurs semées sur le corps du défunt, et l'avoir dépouillé d'une partie de ses vêtements, elle mit en pièces son confessionnal et s'en partagea les débris. La seconde prédiction du P. Pecoro ne se vérifia pas moins exactement : avant la fin de ce même jour, le marinier recouvra une santé parfaite. Le P. Pecoro était âgé de soixante-dix-sept ans ; il en avait passé quaranteneuf dans la Compagnie.
Leltere annue délia Provinc. di Sicilia {Archiv. Rom.).
DE
ASSISTANCE D'ITALIE