‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 7 sur 362 · III JUILLET · texte numérisé non relu

III JUILLET

Le troisième jour de juillet de l'an 4670, mourut au Collège Romain le P. Augustin Sciamanna, d'autant plus passionné pour les humiliations et les souffrances, qu'il avait renoncé à de plus brillantes espérances dans le monde. Dès ses premières années, il avait fait vœu de virginité. Cependant, quand il voulait dans la suite consoler des âmes faibles et chancelantes, il leur avouait ingénument que, pour se donner tout à Dieu, même après son entrée dans la Compagnie, il lui en avait coûté de rudes combats. Il se confessait tous les jours de ses moindres fautes, et se flagellait très rigoureusement matin et soir. Jusque dans les derniers temps de sa vie, il garda la sainte pratique de rendre compte de sa conscience, comme les novices, et il s'examinait souvent sur ses actes de renoncement et d'amour de Dieu. Recteur du collège de Spolète, il était toujours prêt à écouter et à servir ses inférieurs. L'un de nos Pères chargé de faire valoir les biens de la Compagnie, ne pouvant quelquefois rentrer qu'à une heure assez avancée, l'humble et charitable supérieur, pour ne le laisser manquer de rien, sans cependant fatiguer nos Frères, l'attendait fidèlement chaque fois, et le servait lui-même à table.

Une des plus douces consolations de sa vie fut d'avoir été, en A. I. — T. II. — 3. 17

18 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

traversant une Province étrangère, pris durant un assez long temps pour un Frère Coadjuteur, et traité comme tel par les supérieurs. Il se garda bien de dissiper, par le plus léger signe, une méprise si conforme à ses désirs ; et Notre-Seigneur l'en récompensa libéralement. Les douleurs de la pierre, accompagnées d'une fièvre ardente et de continuelles insomnies, le tourmentèrent cruellement durant des années entières, sans le faire renoncer à la vie commune, tant qu'il put encore se traîner, ce J'estime plus une once d'obéissance, disait-il, que cent livres de santé ». Il avait appris de la vie et des œuvres du P. Vincent Caraffa le bonheur d'avoir part au calice de Jésus-Christ. « Quand de nouvelles douleurs arrivent, ajoutait-il en souriant, je leur demande tout d'abord : Qui vous envoie ? et comme elles me répondent toujours : C'est Dieu ! — Soyez donc les bienvenues, leur dis-je, et bénissons Dieu ».

Patrign\ni, Mcnolog., 3 liiglio, p. 36.

* Le troisième jour de juillet de l'an 1375, à Palerme, le P. Paul Mantovano, de Venise, donna généreusement sa vie au service des pestiférés. Il avait été reçu dans la Compagnie par notre Bienheureux Père en qualité de Frère Coadjuteur ; mais bientôt 'le saint fondateur, frappé de son humilité, de son zèle, de sa patience et de ses autres vertus, lui ordonna de se préparer au sacerdoce, et l'envoya ensuite en Sicile. Le P. Mantovano se montra digne de cette faveur. La générosité de son âme ne re-

m JUILLET. — P. PAUL MANTOVANO. 19

culait devant aucun sacrifice, quand il s'agissait de la gloire de Dieu. La nouvelle s'étant répandue qu'un de nos Pères avait été emmené captif par des pirates musulmans, il s'offrit aussitôt pour aller prendre ses chaînes ; car il était persuadé, disait-il, que ce Père rendrait plus de services à la Compagnie que lui-même.

Son héroïque proposition ne fut pas acceptée : Dieu lui réservait une autre occasion non moins glorieuse de signaler son amour d'immolation. Une maladie contagieuse, apportée, disait-on, par des navires d'Alexandrie, se déclara en Sicile et y causa de terribles ravages. Les magistrats de Palerme firent construire à la hâte un lazaret en dehors de la cité, et confièrent aux Pères de la Compagnie le soin spirituel des malades. Le P. Paul Achille, Recteur du collège, eut peine à se défendre contre les importunités de tous ceux qui réclamaient ce poste de dévouement. Il désigna le P. Mantovano, qui était accouru des premiers se jeter à ses pieds. Le généreux disciple de Jésus-Christ ne fit guère que se montrer dans cette enceinte de mort. Atteint presque aussitôt par le redoutable mal, il expira le dixième jour en bénissant Dieu. Il avait passé vingt ans dans la Compagnie.

ÂLEGAMBE, Hcrocs et Victimee charitatis. .., Roincc, 1657, anno 1575, p. 56. ■^ Nadasi, Annus dicr. memor., 3* j'uL, p. 6. — Drews, Fasti Soc, 3* jul., p. 254. — ÂLBERTi, Délia Istoria délia Compagnia di Giesii, la Sicilia. . ., Palermo, 1702, lib. 4, c. 4, p. 303. — Patrignani, Menol., 3 luglio, p. 24. — Sacchinus, Histor. SocieL, pars. 4 ', lib. 3, n. 82 seqq.^ p. 80. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. l, p. 203.

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