‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 67 sur 362 · IV AOUT · texte numérisé non relu

IV AOUT

Le quatrième jour d'août de l'an 1633, mourut glorieusement au Brésil, dans le voisinage de Pernambuco, le P. Antoine BellaviA, sicilien, massacré par les Hollandais hérétiques, pendant qu'il entendait la confession d'un soldat portugais mourant. Dès sa plus tendre enfance, Antoine Bellavia disait d'un ton assuré qu'il serait missionnaire au Nouveau Monde. Dès lors aussi, il exerçait l'apostolat auprès des petits enfants, et tel était le parfum d'innocence et de vertu qu'il répandait autour de lui, que les femmes du voisinage, quand il revenait de l'église à la maison paternelle, se disaient les unes aux autres : « Allons voir l'ange, le fils de Bellavia ». Entré au noviciat de Palerme, à l'âge de dix-sept ans à peine, il fit paraître dès le premier jour tant de prudence, de maturité, de discrétion, que son Maître des novices, le P. Jérôme Tagliavia, n'hésitait pas à lui confier de temps en temps le soin de ses jeunes frères.

Cependant le désir des missions lointaines ne le quittait point. Professeur au petit collège de Noto, il fut apôtre dans sa classe, et les historiens ne croient pas hors de propos de faire remarquer que nul ne fut plus avare de punitions, et n'eut toutefois des écoliers plus ardents au travail et mieux disciplinés, tellement il sa-

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vait les enflammer, et tout ensemble les contenir, par l'émulation et l'ascendant de sa vertu. Enfin le P. Mutius Vitelleschi fit droit à ses demandes répétées. A peine arrivé au Brésil, Antoine Bellavia se jeta avec une ardeur, que redoublait son amour des âmes, dans l'étude des idiomes de ces contrées ; et au bout de six mois, il fut en état de se joindre aux anciens missionnaires. Les tribus auxquelles il fut envoyé, étaient en proie à tous les désordres et à la plus profonde dégradation. Il parvint à grouper un certain nombre de sauvages, et à former enfin une réduction de près de cinq cents familles, parmi lesquelles il fit fleurir toutes les vertus chrétiennes. Dieu seul et les anges savent les fatigues inouïes qu'eut à supporter cet intrépide ouvrier, pour étendre le règne de Jésus-Christ, dans ces contrées où les hommes souvent n'étaient pas moins à craindre que les bêtes féroces, et les grâces singulières dont il fut favorisé. Les chrétiens affirmèrent l'avoir vu plus d'une fois, pendant le saint sacrifice, élevé au-dessus de terre, et tout resplendissant d'une clarté céleste.

Sur ces entrefaites, la guerre ayant éclaté entre les Portugais et les Hollandais, le P. Bellavia fut chargé d'accompagner les troupes royales. Pendant près de trois années, il remplit avec une intrépidité, qui faisait l'admiration des soldats, ses fonctions d'aumônier ; toujours il était au plus fort de la mêlée. Un jour, écrasés par le nombre, les Portugais commençaient à lâcher pied. Le P. Bellavia, blessé d'un coup de feu, et attardé auprès d'un soldat mourant dont il entendait la confession, fut surpris par les vainqueurs dans cet acte de charité ; et aussitôt, en haine de la religion, et peut-être aussi de la Compagnie de Jésus, il fut percé de coups, et tomba baigné dans son sang. Sa glorieuse mort rendit le cou-

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rage aux vaincus ; ils firent volte-face pour le venger, mirent les Hollandais en pleine déroute, et rapportèrent triomphalement à Pernambuco le corps du saint martyr.

Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. % p. 278 seçrj. — Lombardo, Vita del P. Anton. Bellavia. . , Palermo 1644. — Cordara, Histor. Soc. Jes., part. 6* , l. 15, n. 364, p. 441. — Alegambe, Mortes illustres, anno 1633, p. 418. — Nadasi, Ann. dier. memorab., 4^ ciug., p. 82. — Drews, Fasti Soc, 4» aug., p. 298. — Patrignani, Menol., 4 agost., p. 43.

Dans les premiers jours d'août de l'an 1642, mourut au collège de Lima le F. Augustin Salumbrino, Goadjuteur temporel, infirmier pendant cinquante-deux ans. Dans sa jeunesse, il s'était mis au service d'un gentilhomme romain. Ce gentilhomme ayant été accusé d'un meurtre, Augustin Salumbrino fut arrêté avec lui, et bientôt après, sur des rapports calomnieux, condamné à la peine capitale. La vanité du monde et de ses espérances lui apparut alors tout entière ; il promit, s'il échappait à la mort, de ne plus servir d'autre maître que Jésus-Christ. Cependant il était pleinement résigné, et attendait dans une grande paix l'exécution de la sentence, lorsque la sainte Vierge, à laquelle il avait une dévotion toute filiale, se fit voir à lui, le visage rayonnant de bonté, et l'assura qu'il ne mourrait point. En effet, son procès fut instruit de nouveau, et son innocence étant reconnue, il fut mis en liberté.

Augustin ne pensa plus qu'à dégager sa parole ; il se sentait d'abord incliné vers l'Ordre de saint François ; mais comme il fai-

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