‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 68 sur 362 · IV AOUT. — F. AUGUSTIN SALUMBRINO · texte numérisé non relu

IV AOUT. — F. AUGUSTIN SALUMBRINO

sait les Exercices au Collège Romain, la Mère de Dieu lui apparut une seconde fois, et lui ordonna d'entrer dans la Compagnie de son Fils. Il fit son noviciat à Saint-André avec une telle ferveur et un tel renom de vertu, que lorsqu'il eut prononcé ses vœux, il y eut une sorte de contestation à son sujet entre les trois supérieurs de la maison professe de Rome, du Collège Romain et du collège de Milan ; chacun d'eux voulait l'avoir. Le Père Provincial donna la préférence à celui de Milan. Dans l'office d'infirmier, qu'il exerça, le F. Salumbrino ne parut pas au-dessous de sa réputation. Le cardinal Borromée, fondateur du collège, eut bien vite discerné les dons extraordinaires qui enrichissaient son âme, et souvent, disent nos historiens, il conversait avec lui « comme un saint avec un autre saint ». Les mômes rapports de surnaturelle intimité s'établirent entre l'humble Frère et Louis de Gonzague, quand celui-ci dut venir à Milan pour des affaires de famille. Louis fut si touché de ses entretiens, qu'à son retour à Rome, il exprima le désir de l'avoir parmi ses compagnons de voyage.

Le Procureur de la Province du Pérou était alors en Italie ; il demanda la faveur d'emmener le F. Salumbrino dans sa mission ; et celui-ci, qui n'avait plus de volonté propre, raconte son biographe, partit pour ce monde lointain, comme il serait allé à Lorette. Au collège de Lima, il fut encore chargé de l'office d'infirmier ; il le remplit avec un inaltérable dévouement, et une activité merveilleuse jusqu'à la dernière année de sa vie. A l'amour du travail, il joignait dans un haut degré toutes les vertus des saints. Il donnait chaque jour à l'oraison trois heures dérobées au repos de la nuit ; il gardait une abstinence continuelle, jeûnait au

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pain et à l'eau, le samedi et la veille de toutes les fêtes de la sainte Vierge, était sans cesse armé d'un rude ciliée, et se flagellait tous les jours jusqu'au sang. Sa pureté, conservée intacte depuis son baptême, était si parfaite, qu'il semblait affranchi des tristes suites de la corruption originelle. Plus d'une fois, les démons lui livrèrent des assauts semblables à ceux dont nous lisons le récit dans la vie du saint portier de Majorque. Mais ni les coups, ni les représentations les plus odieuses ou les plus horribles, ne parvenaient à l'effrayer ; il se riait de toutes les attaques ; et à la fin, son nom était devenu un sujet de terreur pour ces esprits immondes.

Souvent consolé par les plus aimables apparitions de Notre- Dame, il allait sans cesse grandissant en sainteté ; l'éclat en était si vif, que malgré les précautions de son humilité, on venait du dehors lui demander même des miracles. Ces témoignages de la vénération populaire se firent jour surtout après sa mort, et pendant ses funérailles ; il plut à Dieu de glorifier par plus d'une grâce merveilleuse la confiance des fidèles et la vertu de son serviteur. Le F. Salumbrino était âgé de soixante-dix-huit ans , il en avait passé cinquante-quatre dans la Compagnie.

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