‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 70 sur 362 · VI AOUT · texte numérisé non relu

VI AOUT

Vers le sixième jour d'août de l'an 1569, mourut à Messine, dans toute la force de l'âge, le P. Antoine Bologna, épuisé par ses immenses fatigues pour le salut des peuples de la Sicile. Orné des plus riches dons de la science et de la parole, aussi bien que de la noblesse du sang, il était en même temps au-dessus des petitesses de l'amour-propre ; jusqu'au dernier jour de sa vie, la plus belle récompense de son dévouement lui semblait être d'obtenir en tout le même traitement que les novices. Durant l'intervalle de ses travaux, il aimait à se reposer, le plus souvent, en aidant nos Frères Coadjuteurs dans leurs offices. Il consacrait une seconde heure chaque soir à l'oraison, et se choisissait entre ses plus intimes confidents un admoniteur fidèle qui voulût bien le reprendre, sans aucun respect humain, de ses moindres fautes.

Sacchinus, Hîstor. Soc. Jes., part. 3a, l. 5, n. 53, 54, p. 216. — Ai.- BEUTi, Istoria délia Proiinc. cli Sicil., p. 231. — Aguilera, Histor. Prov. SicuL, t. l, p. 177-178

Le sixième jour d'août de l'an 1642, mourut très saintement à Messine le F. Goadjuteur François Pietro, sicilien. Un prêtre véné-

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rable, qui laissait en mourant toute sa fortune au noviciat de cette ville, où il avait reçu quelque temps l'hospitalité, n'hésita pas à déclarer hautement, que le motif principal d'une libéralité si généreuse était le parfum des vertus du saint Frère, et particulièrement de son incomparable charité. Les trois dernières années de sa vie semblèrent de plus mériter au F. Pietro la couronne d'un lent et horrible martyre. La gangrène attaqua successivement les extrémités de ses pieds et de ses mains. Il ne pouvait plus ni faire un pas, ni porter de lui-même la nourriture à sa bouche, ni se dépouiller de ses vêtements. On peut deviner ce que l'absence, ou les oublis involontaires de ses infirmiers lui laissaient parfois à souffrir. De chacune de ses plaies s'écoulait une humeur infecte, et que les plus charitables visiteurs avaient peine h supporter un moment. Tous les jours il fallait que le chirurgien lui coupât des lambeaux de chair et des fragments d'os cariés. Mais en ce triste état, surtout quand on lui appliquait le fer, François Pietro se contentait de lever les yeux vers le ciel, et d'attendre en paix toute sa force et sa récompense de celui seul pour l'amour duquel il était heureux de souffrir.

Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 2, p. 399.

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