‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 77 sur 362 · X AOUT. — F. JEAN-BAPTISTE POZZO · texte numérisé non relu

X AOUT. — F. JEAN-BAPTISTE POZZO

te illusion, comme pour récompenser tout à la fois et pour stimuler son amour. Le P. André Spinola ne cessa plus de réclamer en effet, comme une grâce et presque comme un droit, tout ce qu'il y avait de plus vil ou de plus pénible. Quand on s'étonnait de le voir refuser tout soulagement à la nature : « Laissez-moi, disait-il en souriant, attendre un peu de temps encore, et renvoyer toute douceur jusqu'à notre arrivée dans le paradis ».

Patrignani, Menol., 10 agosto, p. 95. — Nadasi, Ann. dier. memor., 10^ j'un., p. 307. — PiATTi, De bono status religiosî, l. 2, c. 26. — ScHiNosi, Istoria délia Provinc. di Napoli, t. 2, p. 79 et sidv. — Litter. ann. Societ. Jes., anno 1582, p. 11 ; anno 1588,/;. 23.

* Le dixième jour d'août rappelle l'heureuse mort du F. Scolastique Jean-Baptiste Pozzo, arrivée à Syracuse l'an 1599. Il enseignait la grammaire au collège de cette ville, quand il fut arrêté par une maladie mortelle. Alors, dit le P. Aguilera, son humble couche devint le théâtre des plus belles vertus. Au milieu de très vives douleurs, non seulement il ne faisait entendre aucune plainte, mais il ne cessait de se répandre en accents de joie et de reconnaissance ; il exaltait son bonheur de mourir dans la Compagnie, et d'avoir quelque ressemblance avec Jésus crucifié. Il n'interrompait ses chants d'allégresse que pour demander à Dieu pardon de ses fautes, et supplier ses frères de l'aider à obtenir miséricorde, en le flagellant sans pitié. On accourait du dehors pour

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assister à cette mort de prédestiné. Ainsi pleurant et chantant tour à tour, le F. Pozzo remit à Dieu son âme innocente. Il était âgé de vingt-et-un ans et en avait passé quatre dans la Compagnie.

Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 1, p. 394. — Lilter. annuse Societ., anno 1599, p. 31.

* Le dixième jour d'août de l'an 4754,' parmi les Juvénistes de Palerme, le F. Octave Sortino couronna une vie très sainte par une mort de prédestiné. Au témoignage du P. Siméon Castiglia, son Maître des novices, trois vertus brillèrent en lui d'un éclat merveilleux : la vaillance à se mortifier en toute chose, la promptitude à obéir au premier appel et une charité insigne envers ses frères. Atteint de la maladie qui devait l'emporter dans la fleur de ses années, il fit paraître, au milieu de cruelles douleurs, une patience invincible ; loin de regretter la vie, il hâtait, par l'ardeur de ses désirs, le moment qui devait le réunir à Dieu. La veille de sa mort, voyant quelques-uns de ses frères autour de sa couche, il les pria de chanter un refrain très cher aux Juvénistes de Palerme, et qui commence par ces mots : « Oh ! qu'il est beau le paradis » ! Ces doux accents le jetèrent dans une sorte d'extase ; et comme on lui demandait s'il était heureux de mourir : « Oui, très heureux, répondit-il, parce que je meurs dans la Compagnie » ; il ne trouvait point de terme, ajouta-t-il, pour exprimer son bonheur.

Le F. Sortino avait reçu plusieurs fois le saint viatique pendant sa maladie. Une heure avant d'expirer, il demanda qu'on voulût

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