‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 87 sur 362 · XV AOUT · texte numérisé non relu

XV AOUT

Le quinzième jour d'août de l'an 1637, mourut, à l'âge de vingttrois ans, au collège de Sciacca en Sicile, le F. François Ficarra, Scolastique, averti plusieurs jours d'avance, comme son glorieux modèle Stanislas, qu'il s'envolerait au ciel, en la belle fête de l'Assomption. 11 serait difficile de trouver, dans l'histoire des. saints, un enfant dont l'esprit de Dieu se soit emparé plus tôt et d'une manière plus éclatante. A trois ans, il se flagellait déjà, et était ingénieux à saisir toutes les occasions de se procurer quelque douleur. Blessé un jour au front d'un coup de pierre, par un autre enfant de son âge, comme on lui demandait le nom de celui qui l'avait frappé : « Ne voulez-vous donc pas, répondit-il, que je pardonne cette injure pour l'amour de Jésus crucifié »? A cinq ans, il obtint, à force de prières, la grâce d'observer rigoureusement les jeûnes de l'Église, comme les autres membres de sa famille que leur âge n'en exemptait pas. En même temps, l'Esprit- Saint, qui l'animait à se mortifier, lui enseignait aussi les secrets de la vie intérieure ; il passait tous les jours plusieurs heures en prière, et rien ne pouvait le distraire dans ses entretiens avec Dieu. Il y puisait tant de courage pour se vaincre et remplir fidèlement ses devoirs, que durant le temps de ses études à

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notre collège de Sciacca, il fut toujours à la tête de ses condisciples, autant par l'éclat de ses succès dans l'étude des lettres humaines, que par la ferveur de sa piété.

Cependant, arrivé à l'âge de quatorze ans, François Ficarra s'ouvrit à sa mère de son désir de se consacrer à Dieu dans la Compagnie de Jésus. Cette femme vraiment chrétienne n'aurait voulu pour rien au monde mettre en péril l'âme de son fils ; elle n'eut pas toutefois assez de courage pour se séparer de lui, car c'était son unique enfant. Elle différait depuis deux ans, toujours sous quelque nouveau prétexte, à lui donner son consentement, lorsque le jour de la Purification de la sainte Vierge, François se dérobant sous les habits d'un pauvre villageois, pour échapper plus facilement à toute poursuite, s'enfuit de la maison maternelle, en compagnie d'un jeune homme de son âge qui partageait les mêmes pensées, et traversant toute la Sicile, parvint, au prix de mille fatigues, au seuil du noviciat de Palerme. Il n'avait pas encore seize ans accomplis. Le célèbre P. Jérôme Tagliavia, Maître des novices de Palerme, reconnut bientôt quel trésor Notre-Seigneur daignait lui envoyer. Tout en secondant, comme il le devait, les saints désirs de son disciple, il eut aussi plus d'une fois à modérer en lui par l'obéissance des rigueurs excessives qui eussent rapidement consumé sa vie.

Après avoir fait ses premiers vœux et complété ses études littéraires parmi les Juvénistes de Palerme, le F. Ficarra fut appliqué à l'étude de la philosophie. Là, malgré ses rares talents et toute sa réputation de vertu, il rencontra un professeur qui le prit malheureusement en aversion, et ne laissait passer aucun jour sans le reprendre et l'humilier. Pour une âme uniquement désireuse de

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