‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 88 sur 362 · XV AOUT. F. JEAN TRIGILIO · texte numérisé non relu

XV AOUT. F. JEAN TRIGILIO

satisfaire ceux qui lui tenaient la place de Dieu, c'était, sans contredit, une épreuve bien douloureuse. L'héroïque jeune homme n'y vit qu'un traitement justement mérité ; il en rendit à Notre-Seigneur mille actions de grâce, et ne perdit rien ni de la joie intime de son cœur, ni de sa gracieuse sérénité. Mais tant de générosité à se vaincre acheva de briser ses forces. Bientôt les médecins ordonnèrent de lui faire cesser toute étude. Le F. Ficarra en profita pour obtenir d'être employé aux humbles travaux des Frères Coadjuteurs, et passa tout l'hiver à soigner les malades, comme s'il n'eût lui-même rien souffert. Puis s'affaiblissant toujours davantage, malgré la douce influence du ciel natal qu'on l'avait envoyé respirer, et voyant approcher la glorieuse fête de l'Assomption, il supplia la très sainte Vierge de l'associer en ce beau jour, comme saint Stanislas, aux joies de la cour céleste ; et aussitôt il reçut la douce assurance qu'il était exaucé. A peine eut-il rendu le dernier soupir, plus de cent guérisons miraculeuses, confirmées sous la foi du serment, témoignèrent, comme il l'avait prédit en termes mystérieux à sa mère, de quel degré de gloire il jouissait, pour prix de ses victoires, auprès de la toute-puissante Mère de Dieu.

Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 338 seqq. — Patrignani, Meiiol., 16 agost., p. 142. — Rho, Variœ virtut. Histor., p. G73.

* Le quinzième jour d'août de l'an 1630, mourut à Trapani en Sicile, le F. Jean Trigilio, Coadjuteur temporel. Toute sa vie il avait souffert de la vue ; mais, remarque l'auteur de son éloge, à dé- A. I. — T. II. — 24.

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faut des yeux, il avait la dextérité des mains et l'agilité des pieds. Nul parmi les Frères n'était plus actif, plus industrieux, et n'exécutait avec plus de promptitude et de perfection tous les ordres de l'obéissance. 11 était merveilleusement incliné aux choses spirituelles ; une de ses plus douces joies était d'entendre les prédications dans notre église et au réfectoire. Les deux dernières années de sa vie se passèrent dans une cécité complète. Habitué à converser avec Dieu, le F. Trigilio n'en éprouva ni tristesse ni ennui.

Il avait une dévotion très tendre à saint Stanislas Kostka ; souvent il avait demandé à ce serviteur privilégié de Marie de mourir comme lui le jour de l'Assomption de Notre-Dame, et il avait reçu l'assurance que ses désirs seraient exaucés. Cependant bien qu'il fût arrivé aux dernières limites de l'âge et assez sérieusement malade, les médecins affirmaient encore, dans la journée du quatorze août, que le suprême dénouement était assez éloigné. « Vous vous trompez, répondit le bon vieillard ; je sais du bienheureux Stanislas que je m'en irai le même jour et à la môme heure que lui ». Et en effet, le lendemain, au lever du jour, le F. Trigilio remit doucement son âme à Dieu, et alla contempler dans la gloire le triomphe de Marie. 11 était âgé de quatre-vingt-dix ans.

Agxiiler.v, Histor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 255.

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